Agroalimentaire, mon cher Watson !

Agroalimentaire, mon cher Watson !

Il faut croire que la mise à niveau, lorsqu’elle est orchestrée par les intéressés eux-mêmes, peut sortir du dogme pour être une réalité sur le terrain. Les industriels de l’agroalimentaire en apportent la meilleure preuve. Le bulletin d’information «Alimentarius», du mois de janvier 2005, de la Fédération nationale de l’Agroalimentaire (FENAGRI) revient sur le bon départ enregistré par le GIAC Agroalimentaire (Groupement Interprofessionnel d’Aide au Conseil). Le groupement a même le vent en poupe. Voulu comme un lien entre le Fonds de roulement créé par le ministère en charge de la Formation professionnelle et le secteur privé, le GIAC se fixe comme objectif d’améliorer la productivité des entreprises et de prendre en compte leurs besoins en compétences. «Depuis mai dernier, pas moins de onze entreprises y ont adhéré. Dix d’entre elles ont présenté des dossiers de financement pour la réalisation d’études stratégiques», précise le bulletin.
Toutefois, les prestations du groupement s’étendent aux études stratégiques, notamment en matière de formation. Ainsi, l’intérêt des professionnels est manifeste. Le travail de communication semble atteindre ses objectifs. Pour rappel, le groupement a pour objectif général la promotion de la formation en cours d’emploi auprès de ses adhérents et notamment des PME/PMI. Dans cette perspective, le GIAC accompagne les entreprises du secteur dans leurs projets de développement en les aidant à mettre en place une stratégie de développement et à identifier les moyens opérationnels et les besoins en compétences nécessaires pour sa mise en oeuvre.
Concrètement, le groupement sensibilise les entreprises sur l‘importance de la formation en cours d’emploi pour l’amélioration de leur compétitivité, les informe sur les moyens de financement de leurs projets de développement, les assiste dans la préparation de leur demande de financement et rembourse leurs études. La première condition d’éligibilité au groupement est d’être une entreprise du secteur des industries agroalimentaires. Ensuite, être à jour du paiement de la taxe de la formation professionnelle (TFP) et adhérer au GIAC. «A noter que le remboursement des actions menées en entreprise s’élève à 70% du coût total H.T. pour les études stratégiques et les ingénieries de formation, porté à 80%, si ces dernières sont consécutives à une étude stratégique validée par le GIAC alors que les ingénieries sectorielles sont prises en charge», précise Alimentarius. Dans tous les cas, le montant du remboursement ne pourra pas dépasser 100 000 DH par entreprise. Un second financement peut être accordé, mais dans des conditions particulières.
Ainsi, pour les études stratégiques la nouvelle demande peut intervenir deux années au moins après la réalisation de l’étude antérieure financée par le GIAC. En contrepartie, l’entreprise bénéficiaire se doit impérativement de réaliser l’étude d’ingénierie consécutive à l’étude GIAC et concrétiser le plan de formation qui en découle. Pour l’ingénierie de la formation, la nouvelle demande peut intervenir une année au moins après la réalisation de l’étude antérieure financée par le GIAC avec comme préalable pour l’entreprise bénéficiaire de concrétiser le plan de formation qui en découle. Toutefois, le même numéro de la FENAGRI revient sur les réalisations de la fédération. Son président, Mohamed Chraïbi, appelle, dans un entretien, à une mobilisation plus accrue des membres de la fédération pour que leur secteur fasse partie des priorités de l’Etat. «J’ai l’impression que les professionnels hésitent à prendre leur destin en main et attendent toujours de l’Etat à ce qu’il joue le rôle de rempart qu’il a toujours incarné. Or, la donne a, aujourd’hui,changé.
L’Etat a une multitude de priorités. Il appartient aux professionnels d’oeuvrer et de faire le forcing », estime le président de la FENAGRI. Cette réflexion a le mérite d’être clair. Contrairement à leurs collègues du textile, qui donnent l’impression de se réveiller d’une longue et lourde léthargie, les agro-industriels n’ont pas l’intention de se laisser malmener par une conjoncture, combien même, concurrentielle !

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