Agrumes marocains: Les attentes du marché canadien

Agrumes marocains: Les attentes du marché canadien

Les mesures de régulation mises en œuvre en début de campagne d’exportation ont donné des résultats très probants. La cote de l’origine Maroc est en nette amélioration sur la place. Les importateurs insistent sur la qualité gustative du produit pour consolider les acquis et aller de l’avant.

Une campagne d’exportation se termine, une autre se prépare déjà. Pas de répit pour les exportateurs marocains d’agrumes. La préservation des acquis sur le plan commercial nécessite des actions marketing permanentes sur tous les fronts. C’est dans ce sens que des membres du groupe Fresh Fruit étaient au Canada ces derniers jours à la rencontre de leurs potentiels clients. Normal, le marché est porteur et fortement rémunérateur. Mais même si l’origine Maroc est très appréciée, la concurrence est très rude. Il faut maintenir le contact avec les acheteurs et rester à leur écoute pour répondre aux attentes.

De l’avis d’Ian Routhier, acheteur en charge du développement des affaires chez Bar Imex, le caractère gustatif du fruit est un élément des plus importants. Concernant la clémentine, il souligne : «Il ne faut pas presser l’export. Idéalement, il faut éviter les départs avant mi-octobre et mettre en avant les variétés réputées pour leur qualité gustative. Si le goût est au rendez-vous, les ventes y seront aussi». Pour ce qui est de la variété Nour, l’importateur conseille par contre de «commencer tôt l’export vers la mi-décembre et l’arrêter à partir du 20 janvier». Au sujet de la variété Afourer connue également sous le nom de Nadorcott, le professionnel préconise de bien étudier l’étalement de la production de manière à rester sur le marché jusqu’à la fin de la campagne pour assurer une transition avec l’hémisphère sud.

Pour l’heure, la fin de l’export de cette variété en provenance du Maroc est jugée trop rapide par les acheteurs. L’origine Maroc est donc peu compétitive face à ses concurrentes que sont l’Orri d’Israël et la Nadorcott d’Espagne. Ces deux origines sont toujours disponibles, ce qui n’est pas le cas de l’origine Maroc. La Nadorcott de Californie constitue aussi une menace pour la variété marocaine. De l’avis de l’importateur canadien, si «la Nadorcott californienne n’a pas beaucoup affecté jusqu’à présent le marché canadien en raison d’un taux de change non favorable, elle pourrait devenir le concurrent numéro un de l’origine Maroc si le taux de change USD/CAD se rapprochait de la parité».

Pour l’heure, le produit Maroc a le vent en poupe sur le marché canadien. Après notamment la mauvaise campagne d’export 2013/2014, la synergie entre institutionnels et professionnels a permis à travers des mesures de régulation de redresser la barre et assurer une bonne qualité du produit. Cela a donné ses fruits cette année. Comparativement à la campagne 2013/2014, le bilan de 2014/2015 est plutôt positif sur le marché canadien. Selon Abderrazak Mouisset, exportateur de fruits et légumes et membre du groupe d’exportation Fresh Fruit, la campagne s’est traduite par de bons résultats sur le plan commercial.

Ainsi, de manière globale, la recette nette producteur au niveau de la clémentine est estimée à 5 DH par kg. Concernant la Nadorcott, elle serait entre 6 à 7 DH par kg, est-il indiqué. Reste aujourd’hui à surfer sur cette bonne reprise. De l’avis des importateurs, il faut maintenir le rythme en termes de qualité gustative du produit pour consolider les acquis et développer les parts de marché. Sur ce plan, selon Mouisset, c’est au niveau de l’Ouest canadien, notamment en Colombie britannique, qu’il faut prospecter pour trouver de nouveaux clients.

De son côté, Tarik Kabbage, le renommé maire d’Agadir sous sa casquette d’exportateur d’agrumes, souligne «qu’il faut éviter de faire de l’évacuation». En d’autres termes, ne continuer à exporter que les quantités en mesure d’être absorbées par le marché dans de bonnes conditions de prix, comme cela a été la règle dans cette campagne 2014/2015.

Pour lui, l’évolution de la filière passe par une bonne coordination entre tous les acteurs de la filière pour une offre bien ordonnée et une meilleure valorisation de l’origine Maroc. A noter que le marché canadien importe annuellement toutes variétés confondues environ 57.000 tonnes par an d’agrumes marocains, dont 30.000 tonnes de clémentines fines, 12.000 tonnes de Nour et 15.000 tonnes de Nadorcott.           
 

DNC à Montréal
Malika Alami

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