AIH : Tractations sous les palmiers

A son tour, l’Association industrielle des hôteliers de Marrakech vient de sacrifier au rituel. Le bureau a été renouvelé à main-levée avec, en prime, la réélection de Abdellatif Kabbaj par acclamations et pour un nouveau mandat. Derrière ce consensus de façade, les déceptions sont nombreuses. Les manoeuvres en coulisse, soit pour favoriser cette réélection, soit pour la contrer étaient nombreuses. Ce fut pour le moins que l’on puisse dire une assemblée passionnée, voire houleuse. Le lieu était bien choisi, le Ballroom de la Mamounia. Le quorum n’était pas atteint, ce qui retardé le démarrage des travaux d’environ une heure et en fin de compte, il manquait toujours trois personnes à l’appel.
Mais soyons sérieux, que pouvait apporter cette élection démocratique ? Car plus d’un professionnel mature savent que les affaires associatives du tourisme dans cette région sont tenues par quasiment les mêmes personnes depuis bientôt 20 ans!
Ce qui rend ce secteur hermétique, impénétrable pour ressembler à un club fermé inaccessible à toute bonne volonté neutre. En termes de gros calibres de la profession, les mastodontes étaient pratiquement inexistants ce jour-là, à quelques exceptions près. Les professionnels avertis qui ont compris cette démocratie hôtelière ont quitté le navire depuis belle lurette, pour certains depuis janvier 2000. Revenons en à l’assemblée générale. Le rapport moral a été approuvé à l’unanimité, en l’absence des trois personnes manquantes ! Certains ont quitté la salle avant la lecture du rapport financier qui a été très contesté par deux membres qui ont formulé des réserves consignées dans le PV.
En général le débat était empreint de confraternité, de respect et de politesse jusqu’à l’heure de ‘’la chasse gardée » . Celle de la fatidique opération de désignation du bureau. Le ton changea brusquement du convivial à l’agressif ! Des précipitations pour l’inscription aux 25 premiers postes du Conseil d’administration qui reconduira pratiquement le même bureau, sans vote ni élection, après contestations soutenues et réserves formulées en pleine assemblée. C’est une véritable mascarade devant les représentants des pouvoirs publics qui ont quitté la salle en guise de mécontentement, lors de la cacophonie insoutenable visant à violer les lois des statuts. Et cela pour faire dire aux statuts ce qui n’est nullement écrit à l’heure où notre pays est devenu un modèle en matière de démocratie, de bonne gouvernance, de justice et de droit, tout naturellement grâce à l’avènement du règne de notre auguste Souverain, Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l’assiste. En revanche, c’est dans l’unique but de barrer la route au Conseil d’administration d’un membre accepté qui a signé la feuille de présence, formulé en public de verser sa cotisation séance tenante pour l’année 2005 et débattu pendant trois heures ! L’ambiance était surchauffée à 19h00, l’instant tant attendu. C’était l’heure de s’inscrire au tableau bord du Conseil d’administration. Ce à quoi votre serviteur croit être en droit de le faire, attendu qu’il est hôtelier, fils d’hôtelier et qu’en plus d’un établissement en sa propriété qui a gelé sa participation à l’AIH, il était sur un projet d’investissement (Palm Medina), déjà en cours d’exécution. Dira-t-on que le président de l’AIH en personne avait donné toutes les assurances avant la séance ?
Bref, certains hôteliers soutiennent au moment de cette candidature qu’il faut d’abord que l’hôtel soit ouvert pour faire partie de l’association. Chose qui ne figure aucunement dans les statuts. Sera aussi refusé le versement de la cotisation au nom de l’ancien établissement qui a gelé sa participation. Bref, l’essentiel a été obtenu, puisque le président de l’AIH et son bureau sont reconduits…!

• Jamal Filali,
professionnel, opérateur économique en tourisme

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *