Air France volera de ses propres ailes

C’est officiel : la privatisation d’Air France pourrait intervenir à l’été ou l’automne prochains. Objectif : permettre au fleuron des airs français d’assurer son développement international. La privatisation concernera 35% du capital d’Air France. Cependant, l’opération ne se déroulera que lorsque les conditions du marché le permettront. La précision est de taille. Car pour les autorités françaises, pas question de brader le N°3 mondial.
Crise irakienne et morosité boursière obligent, le gouvernement a soigneusement repoussé la privatisation prévue à l’automne dernier. Ce dernier attend que l’action, qui plafonne actuellement à 7,85 euros contre 14 à son lancement, remonte aux alentours des 18-19 euros. À terme, l’Etat conservera un peu moins de 20% du capital, contre 54,4% actuellement. Cette privatisation devrait permettre à la compagnie de consolider ses alliances au sein du réseau Sky Team et de nouer de nouveaux partenariats.
Après avoir mieux résisté que ses concurrentes aux turbulences consécutives aux attentats du 11 septembre 2001, Air France pourrait devenir l’un des acteurs incontournables d’un secteur en pleine concentration. Mais les syndicats ne le voient pas de cet oeil. Prudent, le gouvernement a tenté d’amadouer ces derniers à travers une série de dispositions avantageuses au profit des salariés. D’une part, le statut actuel des 70.000 salariés sera prorogé pour une durée de deux ans, le temps de négocier une nouvelle convention d’entreprise. D’autre part, les salariés pourront acquérir jusqu’à 15% du capital à des conditions préférentielles, sachant qu’ils représentent aujourd’hui le deuxième actionnaire de la compagnie avec 12,7% des parts.
Ces derniers pourront également recevoir des actions gratuites en échange de réductions de salaires librement consenties. Mais ces garanties n’ont pas empêché plusieurs syndicats de la compagnie d’appeler les personnels à observer trois jours de grève pour faire barrage au projet. Outre le souci social, le gouvernement français cherche à éviter que ce fleuron hexagonal ne passe sous pavillon étranger. Le texte de la privatisation prévoit que pas plus de 40 à 45% du capital ne pourra être détenu par un actionnaire non-membre de l’UE. C’est clair, chez Air France, les capitaux français resteront majoritaires. Pour longtemps…

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