ALE Maroc-USA : blocages agricoles

ALE Maroc-USA : blocages agricoles

On le lisait dans tous les communiqués et sur toutes les unes des journaux. La conclusion de l’accord de libre-échange entre le Maroc est les Etats-Unis serait pour la fin décembre. Plusieurs responsables, aussi bien marocains qu’américains, en faisaient l’éloge et en présentaient les avantages. Il n’en est finalement rien. Pas encore. L’accord devra attendre, cédant au passage la place à quelques désaccords. Le sixième round des négociations, au niveau de 12 groupes sectoriels ou thématiques, ouvert le 1 décembre à Washington et qui a pris fin la semaine dernière, devait normalement clore les discussions et ouvrir le bal des échanges. Pour cela, il fallait du temps, chose dans les deux parties ne disposaient pas suffisamment pour aboutir à un accord. L’agriculture, naturellement, mais aussi le textile ont été le goulot d’étranglement de ce round. Un autre, le septième, devra être entamé prochainement. On parle de la fin de décembre, ou du début de janvier comme date à ce rendez-vous. L’engagement pris n’aura donc pas été honoré. Reste l’optimisme, à l’américaine, de Richards Niels, le porte-parole du commerce extérieur américain, qui parle d’une fin très proche. Affirmant que les USA étaient conscients de l’intérêt particulier attaché par le Maroc à ses secteurs stratégiques, notamment celui de l’agriculture, Catherine Novelli a exprimé, au cours du round précédent la volonté de son gouvernement d’explorer avec la partie marocaine des solutions «aménageant une exception agricole». Le Maroc, pour sa part, a indiqué par l’intermédiaire du chef de sa délégation, Fassi Fihri, que le volet agricole des négociations était traité au sein d’un groupe de travail ad hoc. Ainsi, «les discussions sur ce sujet étaient très serrées étant donné la particulière sensibilité du secteur», a ajouté Fassi Fihri. Les deux parties ont ainsi convenu de consacrer un chapitre spécial au volet agricole. Objectif: permettre au Maroc d’assurer la maîtrise de ses équilibres, le développement rural et la performance de ses exploitations, toujours selon le chef de la délégation marocaine. En attendant la conclusion de cet accord, les professionnels marocains du secteur de l’agriculture craignent le pire. En matière d’agriculture, un accord de libre-accès serait plus bénéfique aux Etats-Unis qu’au Maroc, dans la mesure où l’agriculture américaine dispose d’énormes potentialités et que la marocaine, elle, reste limitée. Libéraliser sans mettre en place l’armada de réformes indispensable serait synonyme de catastrophe. Le retard pris dans le secteur et les conditions drastiques imposées par les Américains impliquent que le démantèlement douanier marocain doit se faire au même rythme que les réformes pour rendre l’agriculture plus compétitive. Pour le textile, la partie est loin d’être gagnée d’avance. Le secteur a certes besoin de cet accord pour pénétrer le marché américain. Les revendications s’articulent dans ce sens sur l’accès à 0% de droits de douane pour l’essentiel des produits exportés et une phase transitoire de quatre ans destinée à l’acquisition d’une plus grande souplesse en termes d’utilisation des matières premières. Autre points de convergence, et non des moindres : les médicaments génériques. A l’AMIP, la principale revendication concerne la durée de protection des brevets de médicaments qui devrait être, conformément aux accords de l’OMC, de 20 ans au lieu de 30. Une revendication à laquelle on aurait du mal à imaginer une réponse par l’affirmatif. Le poids du lobby des grands groupes américains de l’industrie pharmaceutique. Face à toutes ces questions, sans réponse jusqu’à nouvel ordre, la seule attitude à adopter est celle du wait and see.

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