ALE USA-Maroc : la sixième manche

Les négociations sur l’accord de libre-échange USA-Maroc vont bon train. Et c’est au niveau des experts que s’est poursuivi le 6ème round de ses négociations la semaine dernière à Washington, sous la conduite de M. Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération et Mme Catherine Novelli, sous-secrétaire au Commerce américain et assistante du représentant des Etats-Unis pour le Commerce extérieur. C’est dire l’aspect de plus en plus technique qu’a pris cette nouvelle manche de négociation. Concertation oblige, et à la veille de ce nouveau round, une réunion de concertation s’était tenue à Rabat avec les représentants des divers secteurs d’activité économique du pays. À ce stade, l’objectif des délégations est de conclure les discussions avant la fin de l’année. Parvienda-on à atteindre cet objectif ? Depuis le lancement des négociations, les délégations des deux pays ont déjà conclu 5 rounds de discussions au niveau de 12 groupes sectoriels ou thématiques. Au terme du 5ème round, les deux parties avaient fait état de progrès substantiels dans les négociations. Mais c’est le volet agricole qui retient la plus grande attention des négociateurs, principalement côté marocain. Et pour cause. Depuis le début des négociations, plusieurs voix se sont élevées pour souligner la sensibilité de la question agricole dans le cadre de cet accord. Plusieurs professionnels ont exprimé leurs craintes quant aux graves conséquences d’une libéralisation des échanges avec les Etats-unis en matière agricole dans le contexte actuel. Pour eux, le secteur agricole a besoin de réformes à même de lui permettre d’être compétitif. Et un accord de libre-échange dans les conditions actuelles profitera plus aux Américains et risque de mettre en péril l’agriculture marocaine. Ces éléments n’échappent pas aux négociateurs marocains. Les Américains aussi. Reste que la négociation sera rude. Côté américain, la responsable de la délégation américaine a fait part dans une déclaration à l’agence MAP de sa compréhension de l’intérêt particulier attaché par le Maroc à ses secteurs stratégiques, en particulier le secteur agricole. Elle a exprimé à cet égard la volonté de son gouvernement d’explorer avec la partie marocaine des « solutions aménageant une exception agricole ». Côté marocain, M. Fassi Fihri, a indiqué, selon la même source que le volet agricole des négociations était traité au sein d’un groupe de travail ad-hoc et que les discussions sur le sujet étaient « très serrées », étant donné la sensibilité du secteur. Les deux parties ont ainsi convenu de consacrer un chapitre spécifique au volet agricole. Objectif : permettre au Maroc d’assurer la maîtrise de ses équilibres, le développement rural et la performance de ses exportations. À suivre.

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