Alliance des économistes istiqlaliens : Le PLF est passé à côté du rétablissement de l équilibre macroéconomique

Alliance des économistes istiqlaliens : Le PLF est passé à côté du rétablissement de l équilibre macroéconomique

«Déçus par le projet de loi de Finances 2013». Voilà comment se qualifient les membres de l’Alliance des économistes istiqlaliens. «Ce projet de loi de Finances 2013 devait être une opportunité, une occasion et un prétexte pour rassurer les investisseurs sur la cohérence des réglages macroéconomiques globaux, ça n’a pas été le cas et c’est à l’origine de notre déception», a expliqué Adil Douiri, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, lors d’une rencontre avec la presse tenue mardi 25 décembre à Casablanca. Et de poursuivre : «Nous réaffirmons l’urgence à changer de cap et à considérer le chiffre d’affaires à l’export du Maroc comme indicateur principal de pilotage de la politique macroéconomique. Aussi, nous attendions de cette loi de Finances qu’elle alloue une partie du budget de l’investissement public à l’achèvement des infrastructures exportatrices des principaux plans exportateurs nationaux». A ce titre, les économistes istiqlaliens relèvent que depuis une décennie, le gouvernement a concentré ses investissements sur les infrastructures de base plutôt que des infrastructures de production de richesse et de chiffre d’affaires à l’export. «Un montant d’investissement public de 3 à 5 milliards de dirhams par an pendant 5 ans est suffisant pour accroître notre chiffre d’affaires à l’export de 50 milliards de dirhams», a souligné M. Douiri.
L’Alliance des économistes istiqlaliens reproche donc au gouvernement son manque de communication. «Mis à part dans la note de présentation du projet de loi de Finances on ne retrouve nul le part une allusion à la prise de conscience du gouvernement du changement de cap qui s’impose. Or, gouverner, c’est aussi communiquer pour fédérer et rassurer les acteurs privés, moteurs de la croissance économique et de la création d’emplois», a clairement fait entendre M. Douiri.
Autre constat majeur des économistes istiqlaliens, l’absence de réforme du système de compensation. «Nous courons droit vers un niveau d’endettement public qui va franchir, pour la première fois depuis plus de 10 ans, le seuil des 60% du PIB», s’alarme Adnane Benchekroune, vice-président de l’Alliance des économistes istiqlaliens. En effet, selon M. Douiri, «le projet de Loi de Finances projette un déficit de 4,8% du PIB en 2013. Cependant, un certain nombre d’hypothèses retenues sont tout à fait plausibles et raisonnables. Mais, l’hypothèse retenue pour la Caisse de compensation présente une grande fragilité qui pourrait se traduire par un déficit budgétaire supérieur de 1,2% à l’hypothèse retenue, soit en 2013 un déficit budgétaire de 6% du PIB, qui fait suite à 6,2% en 2011 et environ 5,6% en 2012. Selon nous, la charge au titre de la Caisse de compensation pour 2013 devra dépasser, comme chaque année, les 50 milliards de dirhams au lieu de 40 milliards inscrits dans le projet de loi de Finances.
Et donc, soit le gouvernement prévoit, sans l’annoncer, de réduire la compensation sur certains produits, pour un montant de 10 milliards de dirhams, soit il y aura dérogation pour gonfler les 40 milliards prévus et là, le déficit budgétaire sera supérieur de 1,2 à 1,5% du montant prévu par la loi de Finances».
En matière de dispositions fiscales, l’Alliance des économistes istiqlaliens a jugé que ce n’était pas l’enjeu de cette loi de Finances et que ce devait être la réallocation d’une partie du budget de l’investissement public vers les chantiers exportateurs ainsi que le début du redressement du déficit public qui auraient dû être mis en avant.

Selon Abdelkader Boukhriss, vice-président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, l’Alliance salue un certain nombre de points au niveau des dispositions fiscales et recommande des modifications ou améliorations dans d’autres points.

Ainsi, l’Alliance des économistes istiqlaliens salue l’effort de solidarité et la création du Fonds national pour la cohésion sociale et soutient que l’efficacité des programmes de lutte contre la pauvreté passe par le regroupement de l’ensemble des budgets dans un même fonds, qui les redistribuera à la multitude d’intervenants étatiques dans le secteur. Aussi, M. Boukhriss a précisé que l’Alliance est favorable au volet lutte contre l’informel et incitation à la formalisation du projet de loi de Finances mais que ces mesures doivent être accompagnées par des mesures similaires relatives à la CNSS. L’Alliance a également relevé que certaines aberrations fiscales qui encouragent les investisseurs et les entrepreneurs à un comportement inverse à celui qu’il serait souhaitable d’encourager pour le bien de notre économie persistent, et salue les premières initiatives pour inverser ces aberrations fiscales qu’elle qualifie d’historiques.

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