Altadis : Recours à l’épargne marocaine

L’ensemble du top management du Franco-espagnol Altadis, attributaire des 80% des actions de la Régie des Tabacs dans le cadre de l’opération de sa privatisation, a fait le déplacement à Rabat. Ils ont répondu présent à l’invitation du ministre des Finances et de la Privatisation Fathallah Oualalou afin de coprésider la conférence de presse organisée le lundi 9 juin.
La photo était belle.
La joie et le plaisir exprimant, de part et d’autre, la satisfaction quant au déroulement et aux résultats étaient perceptibles. A l’image de l’annonce faite le 2 juin dernier où la société Altadis a été déclarée par la Commission des Transferts attributaires de la régie marocaine, les termes et les conditions de cette attribution ont été rappelés. La transparence qui a prédominé le long du processus de privatisation, saluée d’ailleurs par les non-attributaires, était renouvelée. L’ensemble des questions posées ont pu trouver réponses. Des accords passés avec l’Etat marocain, à la loi anti-tabac passant par les conditions spécifiques, le nouveau venu marque des points. «En réalité, l’intérêt de cette privatisation ne réside pas uniquement dans son volet financier », tient à préciser le ministre des Finances.
Pour le Maroc, affirme le ministre, cette opération représente avant tout un enjeu économique et industriel. L’objectif recherché est l’adossement de la Régie à un groupe de taille mondiale, en vue d’améliorer sa capacité compétitive et la préparer à évoluer dans un environnement concurrentiel. « C’est à ce titre que nous nous réjouissons de pouvoir confier les destinées d’un fleuron de l’industrie nationale à Altadis, l’un des plus grands opérateurs du secteur du tabac à l’échelle internationale », se réjouit l’argentier du Royaume. De leur côté, les co-présidents d’Altadis, Jean Dominique Comolli et Pablo Isla n’ont pas caché leur plaisir à venter la place que prendra désormais la Régie des Tabacs Marocaine dans le groupe. « Nous tenons tout particulièrement à saluer l’ensemble des mesures prises ainsi que le déroulement du processus de privatisation, mais aussi la qualité de la Régie, entreprise saine, bien gérée et disposant d’un outil de production performant », tenait à préciser Jean Dominique Comolli pour qui, la stabilité du Maroc, n’est plus à démontrer. La qualité de son administration l’a été largement à travers cette opération de privatisation ainsi que les perspectives d’avenir qui sont bien perçues à l’international. D’ailleurs, en réponse à l’une des questions relatives à la chute du cours boursier suite à l’annonce d’acquisition de la RTM, Pablo Isla estime qu’un niveau de méconnaissance de la part des investisseurs étrangers est à dissiper. « Le niveau de compétitivité de la RTM reste méconnu, charge à nous désormais d’apporter les explications nécessaires », estime le co-président tout en rappelant que la RTM, c’est 94 Millions d’Euro d’excèdent d’exploitation.
Le groupe table sur la création de valeur via une meilleure stratégie ainsi que des synergies dégagées. La transition de la régie à une entreprise privée est à préparer. Le renforcement de l’offre cigarettes est à réaliser. Le potentiel affiché est de 170 milliards de cigarettes.
En attendant, le recours à l’épargne marocaine pour financer l’opération à hauteur de 300 millions d’Euro est confirmé. Restent à définir les termes, notamment avec le ministère des Finances. Ce dernier d’ailleurs a tiré les leçons des opérations précédentes (seconde licence GSM et cession de 35% de Maroc Telecom). La sur-liquidité qui a prédominé ne se répétera plus. « Nous sommes déterminés à bien encadrer les liquidités sur le marché. La maîtrise des effets secondaires est une priorité. Pour l’heure, notre conviction dans la prédominance d’un effet structurant à long terme est bien grande », a conclu l’argentier du Royaume.

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