Altadis supprime 701 emplois en France

Rejetant les propositions défendues par les syndicats et les salariés depuis deux mois, Altadis repreneur de la Régie des Tabacs, a confirmé mardi 9 mars 2004, son plan de restructuration annoncé l’été dernier, qui prévoit 701 suppressions d’emplois et la fermeture de quatre sites en France.
Les syndicats avaient décrété une « journée morte » à Lille, où environ 200 salariés ont défilé en silence dans les rues, habillés de noir, portant le « deuil » de leur usine qui doit fermer en 2005.
A Paris, où une trentaine de salariés de Tonneins (Lot-et-Garonne) s’étaient rassemblés, la direction du groupe hispano-français a confirmé son plan de restructuration devant le 3e et dernier Comité central d’entreprise (CCE) consacré à son plan. Cette réorganisation, annoncée en juillet, prévoit la suppression de 701 emplois en France, sur un total de 5.280, avec la fermeture de quatre sites: Lille (525 salariés), Dijon (deux unités, 62 personnes), Morlaix (Finistère, atelier de cigares, 38 personnes) et Tonneins (centre de battage, 76 personnes). En Espagne, 977 emplois sur 7.680 doivent être supprimés, mais selon la CGT, la procédure d’information des représentants des salariés « n’a pas commencé ».
« C’est inadmissible. Il s’agit uniquement de licenciements boursiers. Il faut arrêter le massacre et la casse industrielle », a estimé l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa.
« Le bénéfice net d’Altadis est sans cesse en augmentation, avec 435 millions d’euros en 2002 et 449 millions en 2003. Une entreprise qui fait de tels profits ne doit pas licencier », poursuit-elle, ajoutant que « Lille est l’usine la plus performante et la plus moderne ».
La direction a rappelé que sa réorganisation était justifiée par « l’érosion inéluctable de la consommation de cigarettes brunes et à la baisse prévisible des marchés occidentaux ».
Mais le rapport du cabinet d’experts indépendant Secafi Alpha, mandaté par le comité d’entreprise, affirmait que le maintien du site de Lille (qui fabrique des cigarettes brunes et blondes) avec environ 340 emplois aurait permis de préserver la rentabilité du groupe.
« La vente des cigarettes blondes a augmenté à l’étranger, donc on peut maintenir une activité à Lille », a expliqué Frédérique Bartlett, représentante CGT responsable de la fédération des Tabacs, lors d’une déclaration à l’agence AFP, selon laquelle la fabrication des brunes sera « délocalisée à Alicante (Espagne) ». « On acceptait de supprimer une centaine d’emplois, sans licenciement. On a proposé de mettre notre projet à l’essai pendant un ou deux ans, et même ça, ils l’ont refusé! », s’est-elle insurgée. Les experts proposaient également la reconversion du site de Tonneins en production de chanvre industriel. Pour l’heure, selon la CGT, la direction a simplement accepté de co-financer, avec la région Aquitaine et le Conseil général du Lot-et-Garonne, une étude de faisabilité pour cette reconversion.
Les syndicats vont désormais utiliser l’arme judiciaire pour « forcer la direction à répondre à leur projet », selon Jean-Paul Crouzet (CGT). Le CCE va contester devant la justice le motif économique de la restructuration, ainsi que les modalités du plan social.
La direction s’est engagée à « proposer une solution à chaque salarié concerné, en donnant la priorité au reclassement », avec 200 postes en « mobilité interne ». Reste à savoir si ces décisions vont impacter l’activité Régie des Tabacs au Maroc ?

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