Amadou Koné : «Il faut penser à des instruments de financement concessionnel»

Amadou Koné : «Il faut penser à des instruments  de financement concessionnel»

Entretien avec Amadou Koné, ministre des transports de la Côte d’Ivoire

Durant cette dernière décennie les relations entre Rabat et Abidjan se sont intensifiées. En effet, plus d’une centaine d’accords ont été signés entre les deux pays favorisant ainsi la participation du Maroc à la dynamique infrastructurelle que connaît la Côte d’Ivoire. En visite au Maroc, Amadou Koné, ministre ivoirien des transports, a participé à plusieurs événements témoignant de la vitalité des relations d’amitié et de partenariats qui lient les deux pays. La Côte d’Ivoire est actuellement en cours de réalisation de plusieurs projets de mobilité faisant appel au financement privé. Sur ces question et bien d’autres, nous avons eu cet entretien avec le ministre des transports ivoirien, présent au Forum africain des infrastructures qui s’est déroulé à Marrakech les 15 et 16 novembre 2018.

ALM : Dans quel cadre vous êtes présent au Maroc ?

Amadou Koné : Nous sommes au Maroc depuis plusieurs jours déjà parce qu’il y a plusieurs événements liés aux transports qui se sont déroulés dans le Royaume et auquel nous avions été conviés. Il y avait le Forum africain de la sécurité routière du 13 jusqu’au 15 novembre, et le Forum des infrastructures tenu le 15 et le 16 novembre. Ce sont des sujets d’actualité.

Chez nous les questions de mobilité urbaine, les questions de mobilité tout court, l’approvisionnement des marchés, sont importantes. Beaucoup de projets sont en cours de réalisation en Côte d’Ivoire dont certains sont effectués en partenariat avec le Maroc. Pour nous il est important de participer à ces réunions afin d’encourager le gouvernement et les partenaires marocains qui nous font honneur à chaque fois en organisant de belles assises. On a eu des réunions très intéressantes tout au long de notre visite.

Le Maroc et la Côte d’Ivoire coopèrent dans plusieurs domaines, notamment en matière de réalisation d’infrastructures, pouvez-vous nous donner un aperçu de l’état d’avancement des projets liant les deux pays ?

Cela ne vous échappe pas, le niveau des relations entre le Maroc et la Côte d’Ivoire est excellent. On travaille ensemble sur plusieurs projets en matière de transports : plate-forme logistique, projets portuaires, avec Tanger Med notamment, il y a l’aménagement de la baie de Cocody qui est un important projet.

Donc tous ces projets sont en train d’évoluer convenablement. Nous sommes satisfaits de cette coopération, de la qualité du travail qui est fait, et de l’accompagnement technique et financier du Maroc.

L’Afrique est en manque d’infrastructures et elle a besoin de financements, comment selon vous le continent pourra-t-il remplir ce gap ?

Je ne crois pas que l’Afrique soit en manque de financements. Il y a beaucoup d’acteurs qui ont exprimé leur volonté d’investir en Afrique, notamment la Chine. L’argent est là. C’est l’utilisation de cet argent qui fait défaut. En ce qui concerne l’infrastructure, il est nécessaire de savoir quel type de montage financier il faudra faire. Certes, les ressources des Etats ne suffisent pas, mais le financement existe bel et bien sur le marché. Il faut juste aller le chercher. Dans le même sens, il faut des politiques et des stratégies de partenariats public-privé qui soit adéquates. C’est important dans la mesure où il faut éviter de s’endetter pour réaliser des infrastructures qui elles-mêmes vont coûter très cher par la suite. C’est là qu’on a identifié la difficulté. Sinon les ressources comme je l’ai mentionné sont disponibles.

Vous avez évoqué la disponibilité de la Chine à financer des projets en Afrique. Mais qu’en est-il de la coopération Sud-Sud entre pays africains ?

Nous sommes en train de développer des partenariats public-privé mais il faut également que le marché financier soit structuré. Le Maroc fait bien de participer aux financements en Afrique à travers l’ouverture de banques comme les filiales de la BMCE, ou encore Attijariwafa bank. Il faut par exemple aller au-delà et penser à des instruments de financement concessionnels. De cette façon, le Maroc pourra se positionner davantage sur la réalisation de nouvelles infrastructures.

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