Amina Benkhadra : «Nous faisons le maximum pour accroître l’investissement»

Amina Benkhadra : «Nous faisons le maximum pour accroître l’investissement»

Entretien avec Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM

ALM : L’ONHYM vient d’organiser le 2ème sommet marocain Oil&gaz. Quel est l’intérêt d’un tel événement?

Amina Benkhadra : Cet événement revêt, en effet, un triple intérêt. Je citerais en premier la présentation des potentialités du Maroc. Cette conférence est d’abord pour nous l’occasion de présenter l’état de toutes les études et compréhensions que nous avons  sur tous les bassins sédimentaires travaillés depuis plusieurs années du nord au sud du Maroc en onshore et en offshore. Toutes les zones vont faire l’objet de présentations techniques. La finalité étant d’attirer l’intérêt des compagnies présentes et de les amener à investir au Maroc. C’est en présentant les informations géo-scientifiques de nos bassins que nous pourrons attirer leur attention quant au potentiel existant. Le deuxième intérêt est d’échanger avec les pays voisins. Nous avons associé à cet événement un bon nombre de pays africains qui sont avant tout nos partenaires dans le cadre de la coopération Sud-Sud dont le Mali, la Guinée Conakry, le Nigeria,  la Tunisie ainsi que  la Mauritanie et le Sénégal ayant fait ces dernières années d’importantes découvertes. Il faut savoir que l’échange dans ce domaine est très important. La géologie n’a pas de frontières. L’histoire du sol et du sous-sol sur des millions d’années ne connaît pas de barrières, au contraire elle s’étend, d’où l’intérêt d’échanger dans ce domaine de manière très forte. Le troisième objectif de cette rencontre est de profiter de la présence d’experts internationaux qui sont venus faire des présentations géo-scientifiques sur la marge Atlantique que nous partageons avec plusieurs pays.

Où se positionne le Maroc dans cette sphère régionale?

Depuis une vingtaine d’années beaucoup de découvertes ont été faites dans la côte ouest africaine, notamment en Guinée équatoriale, en Angola, au  Nigeria qui est un grand pays gazier, sans oublier le  Ghana, la Mauritanie et le Sénégal. Le Maroc reste cette zone frontière où il n’y a pas encore de grandes découvertes commerciales mais qui va continuer d’intéresser parce que les compagnies sont toujours en quête de zones où le potentiel n’est pas assez recherché. C’est de là que  l’Atlantique garde tout son intérêt  en termes de découverte. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je qualifie cette étude de la marge atlantique  depuis le Golfe de Guinée jusqu’au nord du Maroc d’intéressante. 

D’importants défis énergétiques sont à relever dans les 20 années à venir. Quelle place occuperont les ressources fossiles dans cette perspective?

En effet, il va y avoir d’importants défis dans le mix énergétique futur. J’énumérerais, entre autres, le développement des énergies renouvelables, l’accroissement de la demande, notamment dans les pays en voie de développement et en développement ainsi que la nécessité pour un certain nombre de pays de pouvoir assurer la sécurité de leur approvisionnement. Les besoins colossaux en énergie dans les pays et en Afrique surtout sont évalués à l’horizon 2035 à peu près 26.000 milliards de dollars. Face à tous ces défis, le ressources fossiles (pétrole, gaz et charbon)  continueront à représenter, en 2040,  70%  par rapport à ce qu’ils sont aujourd’hui. Certes, il va y avoir une baisse du charbon et du pétrole mais un accroissement très significatif du gaz, qui est considéré comme étant une énergie propre, est attendu. Donc le pétrole et le gaz restent des produits qui continueront à faire objet de recherches parce qu’on a besoin d’une telle offre pour assurer la sécurité de la demande au niveau mondial.

La promotion du potentiel en hydrocarbures est une composante essentielle de votre mission. Quel bilan faites-vous de l’investissement dans ce domaine?

Pratiquement l’intégralité de l’investissement en exploration Oil & gas est faite par nos partenaires. En 2018, nos partenaires ont investi 2,4 milliards de dirhams. Cet investissement s’élève sur les 15 dernières années à 27,5 milliards de dirhams. Je précise que tout est fait par nos partenaires. Les travaux de l’ONHYM par rapport à cela sont très réduits. Ils varient entre 30 à 80 millions de dirhams par an. Ils concernent les études préliminaires géologiques et de temps en temps un peu de sismique. Il est à noter que nos équipes de géologues et ingénieurs participent à un grand nombre de conférences à l’international. Ils ont pour mission de présenter les bassins sédimentaires et attirer les compagnies à venir investir au niveau national.  Nous faisons un maximum d’efforts pour drainer l’investissement dans notre secteur. Car comme vous le savez, l’investissement dans l’exploration est très capitalistique, très risqué et très complexe. C’est notre responsabilité de motiver les futurs partenaires.

Justement, comment vous faites pour convaincre les investisseurs potentiels et les motiver à venir s’installer au Maroc?

Un : nous les motivons par les données géologiques intéressantes dont nous disposons. Deux : par notre cadre légal car notre code d’hydrocarbures est considéré parmi les  plus attractifs au monde. Trois : par la stabilité politique et sécuritaire dont jouit le Maroc sans oublier son positionnement géographique proche de l’Europe, de l’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Nous faisons le maximum pour que les investissements s’accroissent, et ce en dépit des chiffres réalisés sur les 15 dernières années.

Avez-vous des prévisions chiffrées à court et moyen termes?

Tout dépend des arrivées et de la présence des partenaires étrangers que nous pouvons obtenir davantage. Et donc c’est tout l’effort que nous menons et que nous continuerons de mener pour amener le maximum d’entreprises et pouvoir multiplier l’investissement. 

Quel message lancez-vous aux futures compagnies intéressées par le Maroc?

Elles peuvent à partir du Maroc rayonner un peu partout. Le Maroc leur donne un positionnement pour être une sorte de hub. De plus, c’est un pays qui joue la carte de l’intégration régionale. Donc elles peuvent également avoir la possibilité de déployer leurs visions régionales à partir du Maroc. Il est à préciser que nous ne ciblons pas un profil d’investisseurs précis. Qu’ils soient majors, juniors ou indépendants, nous restons ouverts à tout le monde.

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