Andersen veut sauver sa réputation

Il ne suffit pas de détenir de grandes parts du marché international en matière d’audit et de conseil aux entreprises. La concentration entre les Big-five qui déterminait ce système commence à prendre une autre tournure.
A en croire, les mouvements de re-concentration encore plus intenses, que connaît le secteur. Aussi, les cinq grandes entités mondiales spécialisées dans l’audit et le conseil tentent dans un ultime effort pour redorer leur blason. Au Maroc, l’opacité est de mise sur ces mouvements. Le séminaire organisé par l’antenne locale d’Arthur sera l’occasion pour plusieurs observateurs de s’interroger sur cette question.
La dernière actualité est le comportement du grand cabinet d’audit comptable américain Arthur Andersen. Ce dernier a fait couler beaucoup d’encre suite à l’affaire Enron. Aujourd’hui, ce cabinet entame des négociations avec l’un des représentants des principaux auditeurs Deloitte Touche Tohmatsu. Les transactions porteront sur la cession d’une partie des activités d’Anderson à l’un de ses concurrents directs. « Il y a des discussions entre Andersen et Deloitte sur une possible fusion ou la vente de l’ensemble ou d’une partie des activités d’Andersen », a affirmé lundi dernier à l’AFP une source proche des négociations.
Toutefois, selon la presse américaine, l’achat ne consistera que pour les prestations dont les activités ne s’exercent pas aux Etats-Unis. Les deux parties demeurent des mécènes dans le secteur. Arthur Andersen, siège à Chicago, dont la classification arrive en fin de liste, avec en 2001, un chiffre d’affaires de 9,3 milliards de dollars. Employant près de 85000 salariés, il est représenté dans 84 pays. Deloitte, pour sa part, sa maison-mère se trouve dans le Big Apple, situé en deuxième place, il enregistre un chiffre d’affaires de 12,4 milliards de dollars, durant l’année 2001. Ses antennes siègent dans 140 pays et l’effectif est de plus de 95 000 employés. Il faut rappeler que l’existence d’Andersen est menacée. Suite à l’affaire Enron, en faillite depuis le mois de décembre de l’année dernière et les aveux du cabinet d’audit relativement à la destruction par certains de ses employés de documents, les risques de poursuites judiciaires pointent leur nez. Aussi, il devient évident que la rupture nette entre les prestations d’audit en lui-même en matière de comptes sociaux et les services en matière de conseils devrait être consommée juridiquement.
Les entreprises à grande enseigne, telles Ford, le groupe pharmaceutique Merck, Delta Air Lines ou l’établissement de refinancement des prêts hypothécaires Freddie Mac, ont retiré leurs dossiers des tiroirs d’Andersen. En dehors aux poursuites judiciaires par Enron (salariés et actionnaires), les avocats d’Andersen négocient le règlement amiable avec le département de la justice américain. Selon, la presse américaine, le cabinet d’audit est prêt à verser entre 600 et 800 millions de dollars afin de faire cesser toutes poursuites. Et si l’argent ne suffit pas à « nettoyer » la réputation ?

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