Appliquer les réformes, une priorité

Aujourd’hui Le Maroc : Comment les opérateurs économiques et vous en tant que président de la fédération des chambres de commerce du Maroc, aviateur suivi les élections législatives et l’annonce des résultats ?
Abdellah Zouheir : Il est évident que nous avons suivi le déroulement de ces élections avec beaucoup d’intérêt. Avant d’être des opérateurs économiques, nous sommes d’abord des citoyens tout aussi intéressés par les échéances politiques que les autres. Sinon plus. D’autant que l’on s’attendait à ce que ce scrutin constitue un tournant décisif dans la vie politique, économique et sociale du pays. Aussi les chef d’entreprise et la fédération des chambres de commerce que je représente ont accueilli avec une grande satisfaction ce changement bénéfique dans les moeurs électorales. Nous avons constaté comme toute l’opinion publique nationale et étrangère que ces élections se sont déroulées dans la transparence et la neutralité active des pouvoirs publics. Ce qui constitue une première dans les annales des élections nationales mais aussi à l’échelle arabe et régionale.
Nous nous en réjouissons d’autant plus que les résultats de ce scrutin ont débouché sur l’élaboration d’une carte politique plus claire et saine. Cette nouvelle configuration permet à la classe politique et par conséquent aux opérateurs économiques de mieux jauger les attentes du peuple marocain car elle émane d’une volonté populaire cautionnée par les urnes.
– Il va de soi que les chefs d’entreprise vont émettre des voeux et des souhaits au prochain gouvernement comme il est d’usage. Qu’attendez vous de la nouvelle équipe ?
– Vous savez en économie, il n’y a pas de mystère. Notre pays a grandement besoin d’investissements pour soutenir sa croissance. Pour ce faire il a besoin de procéder à un certain nombre de réglages à même de stimuler l’investissement sous touts ses formes. L’équation est très simple car l’augmentation de la croissance est tributaire de la stimulation de l’investissement. Encore faut-il explorer toutes les voies qui ne l’ont pas été jusqu’ici pour orienter la courbe de la croissance dans une trajectoire ascendante.
– Est ce à dire que les réformes entreprises jusqu’ici ont en decà des aspirations des opérateurs économiques ?
– Je ne suis pas le genre négationniste qui feint d’être borgne pour ne pas regarder la réalité et reconnaître que le gouvernement a réellement entrepris certaines reformes salutaires. Il existe des chantiers qui ont été lancés et qui sont arrivées à leurs phases de finales de constrictions. Mais il existe d’autres chantiers qui ont été ouverts et que le gouvernement a laissé à l’abandon au grand dam des opérateurs économiques. Il est vraiment désolant que le code de travail n’ait pas été approuvé par le Parlement pour laisser l’entreprise dans le flou engendré par le manque d’un cadre législatif. J’estime qu’une reforme élaborée par le gouvernement doit aller jusqu’au bout de l’application en usant de tous les moyens de consensus ou de la loi de la majorité qui est la plus démocratique. Nous ne cessons jamais de le dire, le développement de l’entreprise marocaine est bloquée par une fiscalité inapproriée à ce qui se passe dans le monde. Or comme nous ne sommes pas tous seuls sur la planète, il est évident qu’il faut qu’on s’aligne sur les normes des autres. La mondialisation ne nous laisse aucune alternative dans le domaine économique et financier sinon d’être le plus possible compétitif. Or notre fiscalité demeure très lourde et trop disparate pour taxer l’entreprise face à une concurrence et une compétitivité de plus en plus dures.
– Convenez qu’il ne faut pas mettre tout sur le dos des pouvoirs publics pour expliquer le marasme dans lequel vivent les entreprises marocaines ?
– J’en conviens et je ne donne comme exemple que l’échec de l’opération de mise à niveau des entreprises. On a annoncé cette opération avec tambours et fanfares et j’estime que les objectifs qui lui été assignés n’ont pas été atteints faute d’un suivi rigoureux. Je vous ne cache pas que je suis inquiet pour l’avenir de certaines entreprises qui ont eu du mal à opérer une mise à niveau à même de garantir leur compétitivité.
-Convenez aussi que les hommes d’affaires marocains rechignent à investir pour une raison ou une autre ?
-Il me semble qu’il n’existe qu’une seule raison à cela, encore faut-il préciser que cette carence ne concerne pas tous les chefs d’entreprises. Même si beaucoup d’efforts ont été entrepris pour encourager les investissements, l’arsenal financier, foncier et fiscal reste assez complexe pour attirer le maximum d’investisseurs. Il est vrai que les formalités administratives ont été simplifiées et je me réjouis que notre fédération ait à l’origine de cette idée. La création des centres régionaux d’investissement est une excellente initiative, mais il faut qu’elles soient suivies de plus près pour supputer l’impact de leurs actions dans l’investissement régional.
– il semble qu’on donne peu de cas au rôle joué par les chambres de commerce dont vous êtes le président ?
-Nous l’avons toujours, c’est une erreur impardonnable que les pouvoirs publics continuent à ignorer le rôle joué par la chambre de commerce. Ces institutions s’alignent pourtant sur un réseau mondial avec un label de qualité et où les gros investisseurs.
C’est à juste raison d’ailleurs que SM le Roi, Mohammed VI, a évoqué l’importance des chambres de commerce dans le développement de l’économie nationale. Ce n’est un secret pour personne que de par le monde les chambres de commerce jouent un rôle primordial dans la promotion de l’investissement.

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