«Approcher pour mieux servir»

Aujourd’hui le Maroc : Que vous inspirent les prochaines législatives ?
Karim Chraïbi : je que je désire réellement, c’est que les nouveaux élus répondent à une caractéristique commune. Celle d’appartenir à une catégorie de gens qui dispose d’une connaissance étayée des problèmes auxquels se heurtent le secteur économique dans ses différentes composantes. Ce qui me fait peur, c’est que l’éventualité selon laquelle des gens qui n’ont jamais eu affaire à des opérateurs économiques puissent avoir un pouvoir décisionnel n’est pas à écarter. Nous nous attendons, et je vous transmets ici l’avis de bon nombre d’opérateurs économiques de mon entourage, à ce que les personnes élues aient l’intelligence d’impliquer le secteur économique dans leurs démarches de tous les jours. A travers des actions de sponsoring par exemple, le rapport est gagnant-gagnant. Et pour les autorités qui bénéficient d’un support financier et humain et pour l’entreprise qui accomplit une action marketing d’envergure.
Qu’est-ce qui bloque à ce niveau?
Permettez-moi de me limiter à la région que je connais parfaitement, celle où se trouve le Technopark de Casablanca et mon lieu de résidence. On ne perçoit aucun signe d’implication des opérateurs économique de la région dans la gestion de leur environnement. Je fais référence à l’environnement dans sa dimension la plus large, économique, sociale et autre. Non pas parce qu’ils n’en ont pas envie, mais parce que les responsables n’ont pas eu le réflexe de faire appel à eux. Au niveau de la région que je viens de citer, le taux de chômage atteint des pourcentages inquiétants. Et pourtant, aucun effort de coordination n’est fourni pour approcher les entreprises qui opèrent dans le même district. Comment alors imaginer que les uns puissent-ils être utiles pour les autres, alors qu’aucun lien ne les unie.
Pourquoi ne pas envisager alors d’aller vers eux ?
Je pense que si les responsables n’ont pas agi de la sorte, c’est qu’ils manquent de volonté. J’ai un avis particulier par rapport à cette question. C’est pour ça que je disais tout à l’heure que les prochains élus doivent connaître en profondeur les problèmes économiques inhérents aux différents secteurs économiques. Certes, ils doivent en permanence se rapprocher du milieu des affaires, mais s’ils ne sont pas eux-mêmes issus de ce milieu, leurs actions n’auront pas l’effet escompté.
Vous identifiez-vous à l’un des programmes économiques présentés par les différents partis politiques ?
Pour ne rien vous cacher, je n’ai pas une bonne connaissance de ces programmes. Tout simplement, parce que je ne les ai pas reçus. Mis à part ce qui se dit à la télévision, le contact direct fait défaut. Si encore une fois je parle de cet aspect de présence et de proximité par rapport aux électeurs, c’est parce que l’on peut facilement, malheureusement bien évidemment, constater qu’aucune action n’est entreprise dans ce sens. Ce n’est qu’en approchant les gens qu’on peut mieux les servir.
Les NTIC, domaine dans lequel vous opérez, acquiert un intérêt particulier de la part des décideurs…
Je risque de tomber dans la redondance en parlant encore une fois de la nécessité d’impliquer les entrepreneurs dans les actions dans lesquelles se lancent les décideurs de ce pays. En prenant l’exemple du colloque sur les NTI, qui sera tenu prochainement à Marrakech et qui va réunir des représentants de nombreux pays, ceux qui sont le plus concernés n’ont pas été associés à l’organisation. Nous remarquons l’inexistence patente du moindre signe de coordination.
Nous espérons que le futur ministrable en charge du dossier des NTIC émane du milieu. Il doit être imprégné de la culture d’entreprenariat, connaître les besoins et être à même de mettre en place les solutions qu’il faut au moment où il le faut.

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