Argentine : L’adoption du budget pourrait débloquer l’aide du FMI

Les députés argentins ont approuvé le budget fédéral 2002 au lendemain d’un accord très attendu sur le partage des revenus fiscaux entre les provinces et l’Etat fédéral, intervenu mercredi dernier dans la soirée. Les deux conditions pour une reprise des négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) qui pourraient aboutir au déblocage de 25 milliards de dollars d’aide sont désormais réunies.
La Chambre des députés, dominée par le parti péroniste au Pouvoir a adopté à une très large majorité le budget 2002 qui prévoit de réduire les dépenses de 14%. le budget a été transmis au Sénat qui devrait l’examiner plus tard dans la journée de vendredi. Le FMI, qui a consacré 20 milliards de dollars d’aide à l’Argentine l’année dernière, posait cette double condition de discipline budgétaire à la reprise des négociations.
L’organisation internationale s’est félicitée de l’accord avec les provinces et a indiqué qu’une mission se rendrait en Argentine dès la semaine prochaine. Le Fonds a toutefois prévenu qu’il « restait énormément à faire » pour assainir les finances du pays.
L’accord conclu entre le gouvernement et les gouverneurs des provinces supprime le minimum mensuel de subventions de 650 millions de dollars automatiquement alloués par l’Etat Fédéral aux provinces. Le budget 2002 adopté par la chambre des députés prévoit un déficit global de 3,5 milliards de pesos, soit 1,7 milliard de dollars. Son adoption est cruciale pour le Président Duhalde qui a un besoin urgent de l’aide du FMI pour faire redémarrer l’économie du pays, alors que le taux de chômage atteint les 20% et que le peso a perdu 50% de sa valeur contre le dollar depuis le début de l’année.
Le gouvernement est dans l’incapacité de payer des milliers de fonctionnaires et doit faire face à l’agitation d’une classe moyenne argentine qui a perdu des milliards de dollars avec la dévaluation du peso. M. Duhalde veut avant tout éviter une répétition des émeutes de la fin décembre qui avaient fait 27 morts et acculé son prédécesseur, Fernando de la Rua à la démission. Redoutant de nouveaux pillages, les forces de police ont renforcé la surveillance autour des zones commerciales dans les faubourgs de la capitale.

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