Artisanat :Contribution à 19% dans le PIB

C’est toujours la même rengaine en matière de promotion du secteur artisanal «adoption d’une nouvelle approche, prenant compte des spécificités économique, sociale et culturelle». Cet argumentaire fait office de principale justification, lorsque les entraves inhibitrices au développement du secteur, reviennent sur la sellette. Grand employeur de main-d’oeuvre avec près de deux millions de personnes actives, un taux de participation au PIB (Produit intérieur brut) de 19%, par ailleurs, le secteur enregistre 6,5% en matière d’exportation. Les freins répertoriés sont essentiellement inhérents au régime fiscal et aux modes de financement des activités artisanales. Samedi dernier, la commission interministérielle, chargée du suivi en matière d’accélération de la croissance économique, s’est penchée sur l’examen du secteur artisanal. C’est au niveau du ministère de l’Economie sociale, des Petites et Moyennes entreprises et de l’Artisanat, que deux principaux programmes d’actions ont été arrêtés. Il s’agit notamment d’opérations de développement basées sur des mesures visant la restructuration des infrastructures, l’organisation de manifestations de commercialisation des produits du terroir. Par ailleurs, la mise en place d’une commission technique chargée de la détermination des normes des produits artisanales s’est vue assigner un certain nombre de remarques. L’ensemble de ces mesures cumulé aux décisions incitatives favorisant la relance du secteur ont fait l’objet, sous forme de recommandations, du «Livret blanc». Elles se résument à l’organisation du métier sur des critères dits «professionnels» et appréhende le secteur selon une optique de compétitivité. Toutefois, concrètement les constats restent précaires. La faiblesse des ressources financières demeure le principal obstacle au développement. Et pour cause, l’enveloppe qui est attribuée au secteur ne représente que 0,03% du budget général de l’Etat. Quant à l’investissement, le budget prévu ne dépasse pas les 0,04%. Présidant la séance, le Premier ministre, M. Abderrahmane Youssoufi, a mis l’accent sur la question budgétaire. L’augmentation du budget réservé au secteur, la mise en place d’un cadre incitatif aux investissements et aux entreprises artisanales, ainsi que l’adoption, d’un régime de protection sociale, seront les chantiers prioritaires, auxquels doit s’atteler la commission de suivi et de l’exécution du programme d’actions. C’est sur le plan social, que l’urgence est de mise. En effet, seule la détermination d’un cadre légal, définissant le statut d’«artisan» permettra l’extension de la couverture sociale, à cette population active. L’échec cuisant de «Damane Esl Bahri» devrait donner à réfléchir.

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