Artisanat: Plus de 800 PME créées à ce jour

Artisanat: Plus de 800 PME créées à ce jour

L’exportation est l’une des failles qui entrave le développement du produit artisanal à l’échelle internationale. Les intervenants ont relevé, dans ce sens, la difficulté de disposer de fiches techniques prouvant la qualité de la matière que cela soit dans son état brut ou bien en termes de produit fini.

2015, une date butoir pour le secteur de l’artisanat. Le contrat-programme établi dans ce sens s’est achevé, atteignant ainsi un taux de réalisation satisfaisant. C’est ce qui a été souligné lors du dernier débat organisé par l’hebdomadaire La Vie Eco. Interrogée sur la dynamique du secteur, Fatima Marouan livre sa lecture. La ministre de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire déclare que la feuille de route du secteur a atteint plus de 75 % des objectifs prévus.

«La vision 2015, ayant vu le jour le 20 février 2007, a nécessité un budget de 640 millions de dirhams», a-t-elle souligné. Et de poursuivre que «ce contrat-programme a permis la création de plus de 800 PME ainsi que la mise en place de centres de formation professionnelle ayant promu des profils «artisans» qualifiés». L’impact est également mesurable en termes d’emploi.

L’intégration professionnelle assurée

Selon Mme Marouan, les bénéficiaires de ce programme témoignent d’un taux de recrutement avoisinant les 100%, et ce dans des délais très courts. Ils ont été recrutés, en l’occurrence, dans des TPE artisanales ou usines. D’autres ont choisi de travailler à leur propre compte, boostant ainsi l’auto-entrepreneuriat au Maroc. «Le fait de doter le secteur d’une feuille de route a permis la mise en place d’actions de proximité afin d’intégrer toutes les régions à ce nouveau programme, et créer la diversité de cet art traditionnel», a rappelé Mme Marouan lors du débat. En énumérant les actions engagées, la ministre a cité : les centres d’appui techniques spécialisés, la production ainsi que la création de 58 «Dar Sanaa». Ces centres permettent particulièrement aux femmes artisanes de partager leur savoir-faire à grande échelle et d’améliorer leur productivité. Parmi les mesures mises en relief par Fatima Marouan, on relève également la mise en place de trois unités mobiles de formation.
Ayant sillonné le Maroc, ces caravanes d’apprentissage connaissent à ce jour un grand succès, notamment dans les régions les plus éloignées du Royaume. «La déclinaison territoriale était un outil très important illustrant cette nouvelle dynamique de création au niveau du secteur», confirme la ministre.

Commercialisation : Ce qui reste à faire….

L’artisanat n’arrive toujours pas à surmonter quelques obstacles stratégiques. L’exportation est l’une des failles qui entrave le développement du produit artisanal à l’échelle internationale. Les intervenants ont relevé, dans ce sens, la difficulté de disposer de fiches techniques prouvant la qualité de la matière que cela soit dans son état brut ou bien en termes de produit fini. Les bijoutiers, pour leur part, ont du mal à accepter l’élan qu’a pris la Turquie, notamment en ce qui concerne l’exportation de bijoux en or, au moment où les ressources marocaines permettent une production à la même cadence.
La commercialisation du produit artisanal, aux niveaux national ou international, nécessite, en revanche, l’intégration de la notion du marketing par l’ensemble des artisans. L’urgence étant d’introduire ce concept via des séances de sensibilisation pour appuyer et accompagner l’artisan en amont et en aval.
La structure de l’artisanat au Maroc comprend deux volets. Le premier concerne la production à contenu culturel, entre autres, la tapisserie et la poterie.
Elle représente 17 % de la communauté vivant de cette industrie traditionnelle et dont le nombre est estimé à 3 millions d’artisans.
Le deuxième volet est relatif à l’artisanat de services de proximité, à savoir la menuiserie, la plomberie et la coiffure. Malgré le fait qu’il représente une richesse culturelle pour le pays, le potentiel de l’artisanat marocain reste sous-exploité. Sa contribution au PIB ne dépasse pas le seuil des 8,6 %.

Maryem Laftouty
(Journaliste stagiaire)

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *