Assainissement liquide et raccordement aux égouts : Le milieu rural moins desservi

Assainissement liquide et raccordement  aux égouts : Le milieu rural moins desservi

232 communes ont bénéficié des aides pour la mise en œuvre du PNA

Le taux de raccordement au réseau d’assainissement liquide est actuellement de 75% contre 70% en 2006 avec un niveau d’épuration des eaux usées de plus de 48%.

Coup d’accélérateur du ministère de l’intérieur au Programme national d’assainissement liquide (PNA). A ce jour, 232 communes ont bénéficié des aides pour la mise en œuvre de ce programme. Ainsi, 117 projets sont achevés, 82 en cours de réalisation, 5 en cours de lancement et 28 sont programmés. Néanmoins beaucoup reste à faire, notamment dans les zones rurales où les taux de raccordement au réseau d’assainissement restent faibles. C’est dans ce cadre que la tutelle a lancé récemment un appel d’offres pour l’assistance technique à la mise en œuvre du Programme d’appui institutionnel au secteur de l’assainissement au Maroc (Paisam). Celui-ci a pour objectif d’améliorer la durabilité du secteur de l’assainissement au Maroc en fournissant un appui aux autorités marocaines sur la gestion et la valorisation des boues des stations d’épuration, les rejets des industriels dans les réseaux d’assainissement, les normes d’admissibilité et les prétraitements nécessaires, l’établissement d’un modèle économique durable pour le secteur, et l’évaluation des indicateurs de performance du PNA. Les détails.

Le taux de raccordement au réseau d’assainissement liquide est actuellement de 75% contre 70% en 2006 (date du lancement du programme) avec un niveau d’épuration des eaux usées de plus de 48% (contre 7% en 2006). Dans le monde rural, près de 40% de la population disposerait d’un système d’assainissement qui s’apparente plus souvent à une fosse septique. Le raccordement à un réseau d’égouts est de 10% et de dépollution par une station d’épuration (Step) ne dépasserait pas 3%. Au niveau hydrique, le Maroc reste en dessous de la pénurie avec environ 700 m3 d’eau disponible par habitant et par an. Néanmoins, la demande en eau est en augmentation chaque année avec plus de 3,5%. A côté de ça, la raréfaction des ressources en eau continue de hanter dans ces zones en raison de l’impact des évolutions climatiques. A cet effet, la qualité de l’eau se dégrade. En conséquent, l’utilisation optimale de cette denrée ainsi que la collecte et le traitement des eaux usées sont à l’ordre du jour. Notons que le PNA, lancé en 2006, est mis en œuvre par les régies autonomes, les délégataires privés et l’ONEE. Il prévoit un taux de raccordement de 80% de la population urbaine et semi-urbaine et l’épuration de 60% des eaux collectées en 2020. En termes de financement, le PNA inclut un financement des investissements à hauteur de 30 à 50% par le ministère de l’intérieur et les communes (à savoir le Fonds pour l’assainissement liquide et l’épuration des eaux usées (FALEEU) et le fonds TVA) et 70 à 50% par les opérateurs.

Valorisation des boues… ce qui reste à faire 

Le volume des boues produites est chaque année en augmentation mettant ainsi la question de la valorisation des boues des stations d’épuration parmi les problématiques posées en matière d’assainissement. Au niveau institutionnel, une subvention de la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) de l’Union européenne (UE) en gestion déléguée à l’Agence française de développement (AFD) a été mise à la disposition du Maroc (depuis plusieurs années) afin de déployer le Programme d’appui institutionnel au secteur de l’assainissement au Maroc (Paisam), et ce dans le cadre de la 2ème phase du cofinancement européen au PNA. Parmi les objectifs de ce programme, il est question de fournir un appui aux autorités marocaines pour établir une expertise des volets réglementaire et technique pour une stratégie efficace et pérenne en matière de gestion des boues. Au niveau du département de l’environnement, une «Stratégie nationale de gestion des boues des stations d’épuration au Maroc» avec l’appui des bureaux d’études Phénixa-FIW a été mise en place depuis 2014 et plusieurs projets pilotes de valorisation des boues ont également été développés avec l’appui de bailleurs internationaux. Par ailleurs, ces projets n’ont pas réussi à généraliser des pratiques de valorisation des boues pérennes dans le temps, une fois l’expérience pilote passée, selon l’Intérieur. Sur le plan législatif, les articles 70 et 71 de la loi sur l’eau énoncent une obligation de traitement des boues des Step et attribue à la voie réglementaire la définition des modes de traitement acceptables selon chaque utilisation et mode d’élimination possible.

Contrôler les rejets industriels dans les réseaux d’assainissement

Environ 85% de toutes les industries du pays déversent leurs rejets dans des réseaux collectifs d’assainissement. Le projet consiste donc à fournir un appui aux autorités marocaines dans une déclinaison réglementaire et technique d’une stratégie efficace en matière de contrôle des rejets des industriels dans les réseaux d’assainissement et d’incitation à la mise en œuvre des prétraitements nécessaires par les industriels. Notons que la loi sur l’eau 36-15 dans son article 109 dédié aux rejets des industriels dans les réseaux d’assainissement prévoit qu’aucun déversement des eaux usées industrielles dans un réseau public d’assainissement ne peut être effectué sans autorisation préalable accordée par le gestionnaire dudit réseau. «Cette autorisation, dont la durée ne peut dépasser 20 ans, ne peut être délivrée que si le déversement est conforme aux valeurs limites de rejet dans le réseau public d’assainissement», indique le texte de loi.

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