Assises nationales de la politique de la ville : La cité comme cadre de vie et source de revenus

Assises nationales de la politique de la ville : La cité comme cadre de vie et source de revenus

Le chef de gouvernement a levé mercredi, à l’occasion de l’ouverture des Assises nationales de la politique de la ville, une des hypothèques qui s’opposent à l’action publique dans le domaine de l’aménagement de l’urbain. En évoquant dans son discours inaugural la question des constructions qui menacent ruine, Abdelilah Benkirane a déclaré que l’administration veillera désormais à l’évacuation des lieux dangereux, même en cas de refus des locataires ou des propriétaires. En plaçant cette nécessité à la tête de ses préoccupations, le chef de gouvernement qui a dit agir dans le sens des orientations du Roi, a semblé donner le feu vert à son ministre de l’habitat qui, dans une précédente rencontre avec la presse, avait dit sa difficulté à agir dans un domaine régi par les règles de la propriété privée. Abdelilah Benkirane a cependant mis un bémol à sa version de l’expropriation pour cause d’utilité publique- certains ont parlé d’aide à personne en danger- en s’obligeant à reloger décemment les expulsés en attendant l’octroi de logements définitifs.
Cette volonté affirmée, il a dit sa conception de la nouvelle politique de la ville. Une vision qui a été empreinte de nostalgie à l’évocation des temps où nos villes étaient un vrai cadre de vie. Avec sa verve habituelle, Abdelilah Benkirane a appelé à la réhabilitation des anciennes médinas et à les prendre comme exemple en tant que lieu d’habitat, d’espace de travail et de création de richesses, de centres commercials et d’aires d’éducation et de culture. Ce faisant, il a ouvert la voie à Nabil Benabdallah qui a réaffirmé l’objectif final de la nouvelle politique de la ville en termes de convivialité et de création. Le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville qui a déclaré agir conformément aux orientations du Roi et avec l’aval du chef de gouvernement a appelé «à faire de ces Assises un moment d’élaboration consensuelle de recommandations et de propositions débouchant sur des mesures immédiates et concrètes propres à répondre rapidement aux attentes des citoyens». Il y a urgence à agir pour conformer la réalité des faits aux droits au logement décent énoncés dans la Constitution et à la volonté du Roi, a-t-il déclaré. Sous la pression démographique, nos villes ont éclaté au détriment de leur arrière-pays rural et ont fini par comporter autant de bidonvilles que de “bétonvilles”, a-t-il déclaré en substance. Pour tenter de limiter les dégâts, il a invité à concevoir la nouvelle politique de la ville non comme celle de la seule cité, mais aussi de son hinterland, tant il est vrai que sur les 2/3 des citadins que compte la population actuellement, un grand nombre sont des ruraux qui ont suivi le mouvement d’exode rural et que les choses vont en s’aggravant. Le ministre a considéré que la politique de la ville est l’affaire de tous et, à tous les stades de sa réalisation.  
Il a ainsi estimé que son département et celui de l’intérieur se doivent de se donner la main pour concrétiser les propositions des Assises. L’objectif final étant de travailler à l’émergence d’une ville conviviale, compétitive et attractive pour l’investissement. Il a jugé que pour que la politique de la ville croche sur le réel, il est nécessaire de cultiver, chez le citoyen, le sentiment de l’appartenance à sa cité, à sa patrie et à ses valeurs, ce qui, selon lui, permettrait son implication dans la gestion de la chose publique. Mais, pour cela il faut que la ville comporte les services publics et les sources de revenus qui permettent la sédentarisation citoyenne. Le ministre a également estimé que les collectivités locales sont un partenaire essentiel au projet de ville nouveau conçu comme un pôle de création de richesses, une aire d’équité sociale et d’équilibre entre ses composantes urbaines.

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