Association : La filière sucrière se dote d’une fédération

Expertiser et rassembler. C’est la mission que se donne la Fédération interprofessionnelle marocaine du sucre (Fimasucre), créée lundi 18 juin. La profession qui comptait une multitude d’interlocuteurs, éparpillés entre les producteurs, les industriels et une association professionnelle sucrière (APS), est aujourd’hui réunie sous une même bannière, celle de la Fimasucre.
L’initiative est l’aboutissement, explique-t-on auprès la fédération présidée par Mohammed Fikrat, P-DG de Cosumar, d’une «réflexion engagée sur la nécessaire réorganisation du secteur sucrier pour accompagner l’évolution de la filière sucrière marocaine dans la concrétisation de son développement». Car le «Développement» est le maître mot qui a été derrière la naissance de cette nouvelle entité.
«La Fimasucre a été créée dans un élan global d’organisation interprofessionnelle dans l’agro-industrie et à la suite de la création de la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et pour le développement rural)», souligne M.Fikrat. «c’est la première organisation interprofessionnelle créée après la Comader», ajoute-t-il.
L’objectif de sa création, explique-t-il est «d’avoir un espace où les professionnels puissent échanger des idées et réfléchir sur l’avenir de la filière».
Et si la fédération se donne pour mission d’intervenir aussi bien en amont, à la production, qu’en aval du secteur, il n’en reste pas moins que son objectif principal reste la promotion du volet «Recherche & Développement».
Ainsi, la Fimasucre s’engage d’abord à contribuer à l’organisation, au développement et à l’intégration de la filière. Elle ambitionne également, entre autres, d’améliorer les performances de la filière à travers la promotion du rôle des associations régionales et surtout à entreprendre des actions Recherche & Développement pour la promotion des performances et l’accroissement des revenus des producteurs. Ceci devrait se répercuter positivement sur les 80.000 agriculteurs qui interviennent en amont de la filière, mais aussi sur la performance de l’industrie de traitement, de raffinage et de conditionnement.
En somme, il s’agit de répondre à un impératif : celui de renforcer la compétitivité de la filière, à travers l’amélioration de son efficience sur le plan technique et économique. Pour ce faire, nombreuses orientations ont été envisagées par les professionnels. Il est question notamment de la sécurisation de l’eau de l’irrigation et sa rationalisation, du renforcement de l’encadrement de proximité des producteurs et de la refonte du système de paiement des planteurs. Parmi ces orientations figurent également la mise à niveau de l’outil industriel, la sécurisation de la logistique du transport des plantes sucrières et l’achèvement du processus de libéralisation de la filière.
Néanmoins, «la réalisation des objectifs visant la rentabilité de la filière sucrière passe par la conclusion d’un accord cadre tripartite», souligne-t-on auprès des professionnels. En ce sens, un projet de contrat-programme regroupant l’Etat, l’Union des producteurs de plantes sucrières et Consumar a été élaboré. «L’idée est de mettre en place une formalisation de la vision de la profession», souligne M. Fikrat. Cinq programmes régionaux chiffrés ont été élaborés. Un autre projet global a été conçu à l’échelle nationale pour la mise à niveau du secteur. «Une plate-forme qui associe d’autres partenaires comme la Comader, une organisation qui a une vision plus large sur la politique agricole, et les offices régionaux de mise en valeur agricole, est en cours de discussion. Et nous souhaitons qu’elle aboutisse le plus tôt possible», affirme-t-il.

La production sucrière en chiffres

La production nationale du sucre contribue à 47% aux besoins de la consommation. Les cultures sucrières génèrent quelque 9 millions de journées de travail par un et 3.000 emplois permanents dans l’industrie et les services.
L’industrie sucrière est composée de 5 sociétés appartenant au groupe Cosumar.

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