Assurance, l’actif et le passif

Assurance, l’actif et le passif

Durant deux jours, du 3 au 4 avril 2006, les experts en assurance, pour la plupart membre de l’OAA (Organisation des assurances africaines, fort de 230 membres) se sont penchés à Casablanca sur la problématique de la gestion de l’actif/passif dans les compagnies d’assurances et les Caisses de retraite.
Souvent appelée «Asset Liability Management» (ALM en abrégé) dans le jargon financier, la gestion actif/passif désigne un mode de gestion des affaires visant à coordonner les décisions relatives à l’actif et au passif.
C’est un processus continu, impliquant la formulation, la mise en œuvre, le contrôle et la révision de stratégies se rapportant à l’actif et au passif dans le but d’atteindre des objectifs financiers, compte tenue d’une certaine tolérance au risque et de certaines contraintes.
L’objectif de cette rencontre était donc de faire connaître les différentes techniques de l’Asset Liability Management en assurance-vie et non vie.
Au Maroc, cette méthode de gestion est soumise au cadre général de l’assurance. « Les principaux postes constituant le bilan des assureurs sont réglementés », explique Mustapha Ababri, de la direction des Assurances et de la Prévoyance sociale. «De ce fait, poursuit-il, ces règles en plus d’autres comportements (clients, fiscaux, jurisprudentiels) constitueront des contraintes que les assureurs doivent prendre en considération, notamment en matière de leur politique d’investissement, d’analyse, d’évaluation des risques et du retour sur fonds propres ».
En général, dans la gestion de l’actif/passif d’une société d’assurance-vie, deux méthodes font loi: celle dite déterministe et celle dite stochastique. La première méthode se base sur un scénario central, établi d’avance alors que la seconde, explique Basil Rekkie, consultant, «privilégie une appréciation sur la base du calcul des marges futures de solvabilité, de la probabilité de faillite, du capital légal requis et des coefficients futurs du système bonus malus».
Dans tous les cas, la tendance actuelle, étant au besoin d’exactitude dans les mesures de risque, favorise l’approche stochastique au détriment des méthodes déterministes, lesquelles, selon Abdelhakim Majdoubi, directeur financier de la SCR, ne comblent plus les besoins d’analyse des décideurs.
L’ALM ainsi que la réassurance sont deux outils les plus importants pour une bonne gestion intégrée des risques d’une compagnie d’assurances. «L’ALM est d’autant plus efficace que la volatilité du passif est réduite par des protection de l’assurance », estime Jochen Mayer, consultant au cabinet Munich Re pour qui cette technique permet aussi de réduire les risques liés à l’inflation des sinistres.
Pour la SCR, hôte de l’événement, ce séminaire exprime la volonté de promouvoir l’échange d’expériences et le partage des best practices dans le domaine, tant au niveau national qu’au niveau continental. A noter que plus d’une centaine de participants de différents pays et plusieurs organismes nationaux (37 organismes marocains) et étrangers, notamment africains (venus de 16 pays) ont participé à ce séminaire.

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