«Atlantic Dialogues» : 400 experts réunis pour débattre des problèmes des pays du Sud

«Atlantic Dialogues» : 400 experts réunis pour débattre des problèmes des pays du Sud

La 8ème édition démarre ses travaux à Marrakech

Conflits, menaces terroristes, faible taux de croissance, manifestations sociales, inégalités, opportunités d’emplois en recul, exode rural, l’urbanisation qui se fait au détriment de l’environnement… les défis du monde actuel sont multiples nécessitant l’implication de tous afin d’éviter les points de rupture.

A l’heure où les tensions économiques et géopolitiques rythment les relations entre les Etats, il est plus que jamais nécessaire d’instaurer un dialogue serein, un échange apaisé et une coopération renforcée. C’est l’approche adoptée par Policy Center for the New South en organisant les «Atlantic Dialogues» qui ont démarré leur 8ème édition le 12 décembre 2019 à Marrakech. Sous le thème «Le Sud en période de tourmente», cette édition s’inscrit dans la continuité de l’année précédente qui a traité des «Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture».

Conflits, menaces terroristes, faible taux de croissance, manifestations sociales, inégalités, opportunités d’emplois en recul, exode rural, l’urbanisation qui se fait au détriment de l’environnement… les défis du monde actuel sont multiples nécessitant l’implication de tous afin d’éviter les points de rupture. Les pays du continent africain et l’ensemble des pays du Sud observent avec inquiétude la montée grimpante du populisme et du nationalisme un peu partout dans le monde. Une progression qui met en danger le système de gouvernance mondiale qui maintient la paix dans une grande partie du monde.

Partant de là, cette conférence tend à tracer pendant 3 jours des pistes de réflexion pour aider les décideurs à repenser leurs visions et leurs stratégies. En effet, 400 experts de 66 nationalités prennent part à cette édition dont 23% sont du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, 21% sont d’Afrique subsaharienne, 24% d’Europe, 15% d’Amérique du Nord et 9% d’Amérique du Sud.

Par secteur, les participants viennent de différents horizons : du monde des affaires (13%), des cabinets conseil (6%), de la recherche (13%) et des think tanks (20%), du secteur public (15%), des organisations internationales (10%), de la société civile (11 %) et des médias (8%). Parmi les responsables politiques annoncés on compte cinq anciens chefs d’Etat et de gouvernement et 15 ministres et anciens ministres. 

6ème édition du rapport «Atlantic Currents» : Regards croisés sur les enjeux de la géopolitique mondiale

  Comme à l’accoutumée, le rapport «Atlantic Currents» a été présenté en prélude de la conférence d’ouverture dans la matinée du 12 décembre. Lancé depuis 2014, ce document signe sa 6ème édition. Cet ouvrage collectif, préfacé par Aminata Touré, ancienne Premier ministre du Sénégal, est le fruit de la collaboration entre des chercheurs africains et non africains, membres de l’équipe d’experts du Policy Center et attachés à d’autres organisations.

Il met en exergue les voix du Sud dans le débat géopolitique mondial. Dans leur introduction, Karim El Aynaoui, président du Policy Center for the New South, et Bouchra Rahmouni, directrice de la recherche, des partenariats et des évènements, relèvent que «les éditions précédentes ont expliqué comment cette région peu étudiée se trouve divisée entre une zone tourmentée au Nord et un territoire marqué par une vulnérabilité économique, politique et sociale, au Sud. Promouvoir le dialogue et une meilleure compréhension sont des éléments majeurs pour mieux aider les pays de l’Atlantique à surmonter ces divisions et ces points de rupture et à marcher ensemble sur la voie du développement durable».

Le rapport est réparti en 9 chapitres. A la lecture de ce document de 160 pages, il ressort une analyse des principales problématiques des pays du Sud accompagnée d’une projection vers l’avenir. Innovation, autonomisation des femmes, diplomatie culturelle, dialogue interculturel, révolution digitale, renforcement de coopération… autant de propositions faites par les chercheurs ayant élaboré ce rapport. 

Il traite entre autres des thématiques comme le monde post-américain, les chances de survie de l’actuel système commercial régulé par l’OMC et l’avenir de l’Union européenne. A cela s’ajoutent le leadership féminin, l’expansion des groupes armés au Sahel et les signaux d’alerte pour le littoral ouest-africain ou encore la Chine et l’Afrique en temps de tourmente.

Les femmes à l’avant-garde

Dans la nouvelle édition de ce rapport, les femmes sont mises en avant. Ainsi, Nouzha Chekrouni (Maroc), chercheure associée au Policy Center, apporte son analyse sur «le leadership des femmes en Afrique». Pour sa part, Len Ishmael (Saint Lucia), ancienne ambassadrice des Etats aux Caraïbes orientales auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne mène  la réflexion sur «la gouvernance mondiale dans le monde poste-américain» et donne son point de vue sur le retrait américain du leadership occidental et ses conséquences pour le Sud.

«Alors que la structure internationale continue de prendre forme et d’évoluer, le message des pays du Sud est simple : Ne nous obligez pas à choisir ! Le changement des dynamiques du pouvoir et la perception des Etats-Unis et de la Chine comme concurrents et menaces au lieu de partenaires, poussent de nombreux pays à choisir entre l’un ou l’autre», indique-t-elle. De son côté, Anabel Gonzalez, ancienne ministre du commerce du Costa Rica, fait une analyse détaillée des enjeux de l’OMC et tend vers une «gouvernance mondiale renouvelée».

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