Attention aux excès d’optimisme

2010, c’est pour demain. Atteindre les 10 millions de touristes d’ici 10 ans est un objectif réaliste, selon les professionnels du secteur et le gouvernement. Reste à savoir quels seront les moyens qui doivent être employés pour atteindre cet objectif ? A ce propos, l’ONMT (Office National Marocain du Tourisme) entreprend une nouvelle démarche. La publicité de la destination Maroc ciblera les marchés émetteurs particulièrement la France et l’Allemagne en étroite collaboration avec le transporteur national, la RAM. La place de la promo est un chantier stratégique pour le développement du secteur du tourisme. Il s’agit de donner envie aux touristes nationaux et étrangers de franchir le pas. Ce ne sera pas facile dans la conjoncture actuelle, jugée critique pour le tourisme international. Mais cela présente une opportunité à saisir. Du moins, si l’on en juge par les interventions des participants de la deuxième édition des Assises Nationales du Tourisme.
Pour se faire, un comité de pilotage constitué des professionnels et de l’ONMT aura pour mission de mettre en place et d’accompagner les actions de charme entreprises auprès des Tours Opérators. Une démarche basée donc sur la concertation. Lors des Assises, les propos de Fathia Bennis, directeur général de l’Office ont surpris plus d’un. Ses excès d’optimisme concernant l’impact positif éventuel des opérations de communication inscrites pour l’année 2002 laissent perplexes plusieurs observateurs. Rien n’est gagné, indiquent plusieurs d’entre eux, contactés sur place. En d’autres termes, il est difficile voire utopique de s’engager sur une voie dans une activité comme le tourisme pour qui à chaque moment, toute stratégie peut être remise en question, d’où la nécessité d’être vigilant afin de déployer des moyens réactifs. Du moins, ce qui relève de la promotion proprement dite.
Professionnels et institutionnels ont fait leurs choix. Dans l’Accord-cadre, on relève que les deux parties mettront en oeuvre une stratégie produit pour la décennie à venir. Celle-ci est déclinée en cinq parties : offensive sur le segment du balnéaire, restructuration du balnéaire existant, repositionnement du produit culturel, développement du tourisme rural et la promotion du tourisme interne. Il s’agit de chantiers immenses qui reflètent une vision d’ensemble concernant le secteur, baptisée «Vision 2010».
Si les Assises du tourisme ont traduit l’optimisme qui règne aussi bien chez les professionnels et les pouvoirs publics, elles ont surtout démontré à quel point une décision politique initiée par une volonté des centres décisionnels du pays, peut faire accélérer les choses. Actuellement, le tourisme obéit à une démarche planifiée dans le temps qui précise les engagements des uns et des autres pour dynamiser le secteur. L’évaluation des résultats sera ainsi aisée et facile.

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