Attijari conseille Maroc Telecom

Attijari conseille Maroc Telecom

A la surprise générale, le duel annoncé par Aujourd’hui Le Maroc entre le consortium Attijari Finances Corp, Merrill Lynch, et BNP Paribas Corporate Finance, d’un côté, et CFG-Morgan Stanley de l’autre (Numéro 628 du 26 avril 2004), a tourné en faveur du groupement mené par la filiale d’Attijariwafa Bank. La mission du « vainqueur » porte sur la réalisation de la mission d’évaluation, de conseil et de placement en Bourse d’une tranche publique du capital de Maroc Telecom.
Alors qu’à l’issue de l’ouverture des offres financières CFG-Morgan Stanley partait favori, un communiqué du ministère des Finances et de la Privatisation, du mercredi 2 juin 2004, indiquait que le groupement de banques composé de Merrill Lynch, de BNP Paribas Corporate Finance et de Attijari Finances Corp a été choisi.
Cette décision, précise le communiqué, a été prise par la Commission chargée de l’examen des offres, comprenant les représentants de l’Etat, de Vivendi Universal et de la société Ittissalat Al Maghrib (IAM), et ce en application du décret N 2-98-482 du 30 décembre 1998 relatif aux marchés de l’Etat et conformément aux dispositions du décret N 2-90-403 du 16 octobre 1990 relatif aux pouvoirs du ministre chargé de la mise en oeuvre des transferts des entreprises publiques au secteur privé et suite à l’appel d’offres du 23 avril 2004, relatif à cette mission.
Certains observateurs, vu le temps pris par le traitement des dossiers techniques et conformément à l’article 35 du décret du 30 décembre 1998 sur les marchés publics, se posent la question de la présence du Vivendi Universal, partant du principe que le maître d’ouvrage reste l’administration.
En plus, de source proche du dossier, un différent oppose actuellement Vivendi à la banque d’affaires Morgan Stanley. Par conséquent, après une réserve technique, son consortium ne peut qu’être disqualifié même si toutes les conditions ont été remplies !
En effet, une notation, sur 100 points, est prévue, selon la méthodologie du conseiller, son planning et ses références techniques. Sachant que la note globale a une pondération de 60 % de la notation financière et 40 % de la note technique, de simples simulations montraient que le premier rang se jouait entre le consortium d’Attijari et celui de CFG, et ce quelles que soient les notes techniques de la BCP et SGMB.
« Ce groupement, constitué de deux banques internationales de premier ordre et d’une grande banque marocaine, dispose du savoir-faire nécessaire et d’une grande expérience en matière d’introduction en Bourse et plus particulièrement des opérations télécoms et présentes toutes les qualifications et garantie pour assurer à cette opération le succès attendu », ajoute le communiqué.
Selon les termes du cahier des charges relatif à l’appel d’offres ouvert sur offres de prix, dans son article 14, « la commission désignée apprécie les capacités financières et techniques des concurrents en rapport avec la nature et l’importance des prestations, objet de la consultation et au vu des éléments contenus dans les dossiers administratifs et techniques de chaque concurrent, conformément aux dispositions de l’article 38 du décret n° 2-98-482 ». Donc, rien n’a été notifié au sujet de quelconque autre considération. En tout cas, la réaction de la banque d’affaire CFG risque d’être virulente. Son président, Amyn Alami, est resté injoignable. Pour l’heure, l’opération d’introduction en Bourse de Maroc Telecom, prévue en 2004, suscite encore un grand débat dans le milieu « huppé » des banquiers d’affaires de la place. Les enjeux derrière sont énormes et loin d’être visibles pour le commun des observateurs.

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