Au bout du tunnel du détroit

Le projet du tunnel qui reliera l’Europe au Maroc directement par voie terrestre prend forme. Mardi, M. Karim Ghellab, ministre de l’équipement et du transport, et Mme Benino Blanco Rodriguez, secrétaire d’Etat espagnol aux infrastructures, ont présidé à Madrid la 35-ème réunion de la commission mixte de la liaison fixe maroco-espagnole à travers le détroit de Gibraltar. Objectif : faire le point sur l’avancement du projet des deux côtés. Cette réunion vient ainsi perpétuer une tradition qui date depuis plusieurs années. Le comité mixte intergouvernemental de suivi de ce projet se réunit en effet régulièrement depuis 1980. Mais la dernière réunion semble apporter du nouveau. Consacrée à l’étude de l’état d’avancement des programmes de travail de la Société nationale des études du Détroit (SNED) et la Société espagnole de la communication fixe à travers le Détroit de Gibraltar (SECFEG), d’importantes résolutions ont été prises à cette occasion. En premier lieu, la rencontre de Madrid a permis de définir un plan d’action commun pour la période 2004-2006. dans le cadre de ce plan, un programme d’investigation géotechnique et d’études d’ingénierie a été approuvé. Son coût se chiffre à 27 millions euros, financés à part égale par les deux parties. Dans une déclaration à l’agence MAP, le ministre Ghellab explique que ce plan d’action va permettre le lancement, à partir de l’automne 2004 des forages profonds (plus de 500 mètres au-dessous du niveau de la mer), et ceci, afin de disposer d’une meilleure connaissance du milieu physique. Cette phase de forage dotera ainsi le projet de toutes les informations lui permettant de s’engager dans une phase classique des grands projets de génie civil. Elle conduira aussi, poursuit-il, à la réalisation d’un avant-projet détaillé, avant de passer aux phases de montage financier du projet. Par ailleurs, les deux parties ont convenu d’introduire ensemble une requête de financement auprès de la Commission européenne. Objectif : faire bénéficier ce projet des programmes européens aussi bien en matière de recherches et de développement qu’en matière de réalisation d’infrastructures. Un groupe de travail maroco-espagnol a été constitué à cet effet. Une démarche d’une grande importance vu le coût exorbitant du projet. La courte distance qui sépare les deux pays semble aujourd’hui franchissable. Dans la perspective de la réalisation du grand projet Tanger-Méditerranée, la construction de ce tunnel bouleversera indéniablement l’économie de la région du Nord et du pays en général. La liaison fixe va faciliter le transport terrestre, les échanges de marchandise et le trafic de personnes. Espérons qu’elle contribuera aussi à diluer la mésentente chronique entre les deux pays.

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