Au secours, les taux flambent !

Les traders et gestionnaires de la place vivent, depuis lundi, une situation, pour le moins qu’on puisse dire, exceptionnelle. Les taux sur le marché interbancaire et celui des opérations temporaires sur obligations (repo) avoisinent depuis le premier avril les 7%. Le règlement au trésor des montants des dernières adjudications et de l’impôt sur les sociétés à cette date est à l’origine de ce revirement de la tendance observée depuis août 2001. Durant cette période, les taux négociés, pour des raisons similaires, ont pu atteindre les 6,5%. Les liquidités sorties du circuit sont estimées à 7 milliards de dirhams dont 3,654 milliards de dirhams pour le règlement des adjudications. Le reliquat, près de 3,5 milliards de dirhams, a servi au paiement de l’impôt sur les sociétés. C’est dire l’étroitesse de ces deux compartiments de notre marché monétaire. Dès que deux à trois milliards de dirhams sortent du circuit, le marché de l’argent se déstabilise.
Les taux montent en flèche durant une même séance. Lundi, le marché a ouvert à 3,5% mais il n’a suffit que d’une heure pour que les taux atteignent entre 6% et 7%. Mardi, même tendance observée. Mercredi, c’est la panique : tous les intervenants se sont positionnés en emprunteurs nets sur le marché. Les taux, cette fois-ci, ont atteint, vers la fin de la séance 7,5%. Les prêteurs étaient essentiellement des OPCVM (organismes de placements collectifs des valeurs mobilières) et non pas les grands de la place affiliés à des banques. Celles-ci leur interdisent dans ces situations de prêter de l’argent sur le marché. La maison-mère leur emprunte toute la liquidité excédentaire à un taux «maison» ; généralement la moitié de celui du marché. Même si c’est de l’argent des actionnaires!
Notons, par la même occasion, que dans de pareilles situations, des OPCVM empruntent de l’argent en effectuant des repo via des fonds dédiés pour leur faire supporter ces taux d’enfer en plus des taux de commission de règlement-livraison. Par la suite, les gestionnaires passent une opération inter-fonds avec le fonds déficitaire à un taux modique. Il s’agit généralement d’un fonds monétaire dont la performance doit être maximisé à tout prix !
Par ailleurs, face à cette hausse des taux sur le marché, Bank Al Maghrib n’a pas réagi pour relâcher la tension sur les taux en effectuant des opérations d’Open Market (achat de titres sur le marché). Mercredi, les banques ont demandé des avances de 7 jours à Bank Al Maghrib, ce qui a eu un effet positif, hier, puisque les taux ont baissé à 5%. Aujourd’hui, les analystes et les traders s’attendent à ce que les taux retrouvent leur niveau habituel, soit 2 à 3%.

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