Audiovisuel : Ce qui va changer

Très attendue par les professionnels du secteur et les opérateurs économiques, la libéralisation de l’audiovisuel est finalement enclenchée. La décision a été prise lors du dernier conseil des ministres.
Concrètement, cela se traduit par la fin du monopole de l’Etat. Un texte de loi a été élaboré dans ce sens par le gouvernement. Il sera soumis incessamment au Parlement. Notons que la refonte du paysage audiovisuel porte notamment sur l’organisation des sociétés nationales et l’institution d’une loi-cadre.
Parmi les nouveautés de cette réforme, on peut citer la séparation entre la communication audiovisuelle et les autres formes de communication, notamment les télécommunications, les systèmes d’accès, les bandes de fréquence…
La nouvelle loi s’attarde, entre autres, sur la communication par voie hertzienne. Elle énumère les conditions relatives à la diffusion, à la radiodiffusion par câble et satellite, les services soumis aux déclarations préalables et les services de communication en ligne. La refonte met fin aussi au monopole de l’Etat sur le secteur par la segmentation de la RTM en trois sociétés anonymes à capital public. Le remodelage du paysage audiovisuel ne pouvait pas voir le jour sans la création d’une instance supérieure.
Cette institution indépendante aura pour mission notamment l’examen des cahiers des charges des chaînes de télévision et de radio, l’octroi des autorisations pour les nouveaux opérateurs privés et le contrôle de l’ensemble du secteur. L’objectif étant d’assurer la pluralité et l’accès aux médias audiovisuels par l’ensemble des courants d’opinion.
Les enjeux économiques de la réforme de l’audiovisuel sont stratégiques. Elle permettra aux opérateurs privés d’investir le secteur. Ce qui va se traduire par la régénération de nouveaux emplois. Déjà, les demandes de création de chaînes de télévision et de radio déposées auprès du ministère de la Communication oscillent autour de cinquante dossiers.
La réforme de l’audiovisuel aura également un impact décisif sur le marché publicitaire. Compte tenu de l’étroitesse de l’offre audiovisuelle actuelle, les PME-PMI étaient exclues. Avec la création de nouvelles chaînes de télévision et de radio, ces entreprises auront la possibilité d’orienter leurs investissements publicitaires en fonction de leurs budgets et des cibles visées. La concurrence au niveau de l’offre audiovisuelle encouragera certainement les PME à investir les médias audiovisuels. Ce qui va contribuer à l’évolution du marché publicitaire.
Maintenant que la décision politique a été prise pour réformer le paysage audiovisuel, la question du financement reste toujours en suspens. L’audiovisuel public est financé en grande partie par la redevance et les recettes publicitaires. Face à la concurrence privée, on se demande si les chaînes nationales disposeront de plus de moyens pour améliorer leur production. D’où la nécessité de chercher d’autres sources de financement pour garantir au service public les moyens de faire face à l’agressivité des nouveaux opérateurs du marché.

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