Auto-entrepreneur : Le régime décrypté par la CGEM

Auto-entrepreneur : Le régime décrypté par la CGEM

Il est venu révolutionner le monde de l’entreprise. L’instauration d’un régime dédié à l’auto-entrepreneur est l’une des importantes actions entrepreneuriales engagées par le Maroc ces dernières années.

Toutefois, ce nouveau dispositif fait couler beaucoup d’encre, notamment en ce qui concerne son appropriation par les acteurs concernés et la communauté cible. Après trois années du lancement de ce statut, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), à travers sa commission TPE-PME, GE-PME et Auto-entrepreneur, est venue décrypter ce régime en échangeant autour des enjeux et perspectives dudit régime. Un événement qui marque le début d’une série de rencontres traitant des problématiques liées à l’entreprise. En s’appuyant sur les chiffres révélés lors de cette rencontre, 93.000 auto-entrepreneurs ont pu décrocher, à ce jour, ce statut dont 31% sont des femmes. Ils opèrent en grande partie dans le commerce (43%), l’industrie (38%), l’artisanat (13%) et les services (5%).

On note, par ailleurs, un chiffre d’affaires déclaré de plus de 633 millions de dirhams et plus de 11 millions de dirhams d’impôts. Certes, ces chiffres sont éloquents, mais restent en deçà du potentiel exprimé qui est de 4 millions de porteurs de projets ciblés. Le régime de l’auto-entrepreneur est venu répondre à deux problématiques phares touchant le tissu économique, à savoir l’informel et la culture entrepreneuriale. Ce dispositif est considéré comme étant un levier pour la promotion de l’employabilité et l’intégration du secteur formel. Toutefois un long chemin est à parcourir. L’heure étant de revoir le parcours. De nombreuses lacunes sont à pallier, notamment en termes d’accès.

Nombreux sont les auto-entrepreneurs qui attendent à ce jour la validation du statut. Une attente qui oscille de 1 mois à 4 mois selon chaque profil. Cette lenteur pointée du doigt par les représentants de la commission TPE-PME, GE-PME et auto-entrepreneurs ainsi que les autres acteurs opérant dans ce secteur découle d’un manque de vulgarisation aussi bien au niveau de la population cible que des acteurs intentionnels. La digitalisation jouerait un important rôle dans la célérité de traitement de demandes ayant franchi actuellement la barre des 100.000. Aussi la multiplicité des intervenants permettrait d’élargir le spectre des inscriptions. Au lieu d’attribuer ce volet à Poste Maroc, d’autres institutionnels devraient intégrer le circuit facilitant ainsi l’accès aux porteurs de projets.

Pour répondre à ces enjeux, la commission de la CGEM s’est fixé un plan d’action pour cette année. Il en découle une caravane régionale pour expliquer le statut à la population intéressée ainsi qu’un roadshow auprès des institutionnels dont la DGI, Maroc Pme et Poste Maroc pour leur remonter le feedbacks des auto-entrepreneurs par rapport aux difficultés liées à ce statut.

La commission de la CGEM plaidera par ailleurs à introduire un bon nombre d’actions pour propulser l’auto-entrepreneuriat au Maroc, notamment l’ouverture de donneurs d’ordre publics ou privés sur ce monde en dédiant une partie de leurs prestations aux auto-entrepreneurs. De même, la commission insiste sur un prélèvement sur chiffre d’affaires ne serait-ce que pour les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur au lieu de l’alourdir de taxes qui entraveraient par conséquent son activité et impacterait ses bénéfices.

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