Automobile : DaimlerChrysler doit indemniser des ex-actionnaires

La cour de Stuttgart a estimé que le cinquième constructeur automobile mondial devrait payer 22,15 euros supplémentaires par action aux investisseurs contraints à l’époque d’apporter leurs titres à l’offre de fusion, a précisé un porte-parole du tribunal.
DaimlerChrysler avait rejeté auparavant une proposition de règlement amiable qui prévoyait le versement aux actionnaires de 19 euros par action supplémentaires, soit près de 200 millions d’euros au total. Le groupe a précisé lundi qu’il ferait appel de la décision du tribunal et qu’il jugeait inapproprié le montant fixé par le tribunal. A la Bourse de Francfort, le cours de l’action DaimlerChrysler est tombé à 40,33 euros après l’annonce de la décision de justice. Le titre perdait 0,63% à 41,15 à la mi-journée, tandis que l’indice DJ Stoxx du secteur automobile européen reculait de 0,59%.
«Disons que cela porte sur 230 millions d’euros. Même s’ils n’ont rien provisionné – et j’imagine qu’ils ont déjà couvert l’essentiel de ce montant par des provisions – et que la totalité du montant a un impact négatif sur les bénéfices, cela représente 23 centimes par actions, ce qui n’est pas vraiment important», a commenté Tim Schuldt, analyste de DZ Bank.
Son sentiment est partagé par un trader à Francfort, pour qui «à première vue, cela est défavorable, évidemment. Mais après un deuxième examen, le montant apparaît négligeable».
Les détenteurs de 1,8% du capital de Daimler-Benz avaient été forcés d’échanger leurs titres lors de la fusion et certains d’entre eux avaient réclamé une indemnisation en 1999, estimant que le ratio utilisé pour l’échange ne valorisait pas correctement leurs actions. DaimlerChrysler estime au contraire que le ratio d’échange était équitable.
Tim Schuldt, de DZ Bank, a estimé que la nouvelle décision de justice ne devrait pas influencer l’action en justice intentée à DaimlerChrysler par le milliardaire américain Kirk Kerkorian sur le déroulement de la fusion. Kerkorian a fait appel du rejet par la justice américaine de sa demande d’indemnisation portant sur un milliard de dollars. L’homme d’affaires, premier actionnaire de Chrysler à l’époque, reproche à Daimler-Benz d’avoir présenté le rapprochement avec Chrysler comme une fusion entre égaux et non comme un rachat.
Il estime que Jürgen Schrempp, président du directoire de Daimler-Benz en 1998, a choisi de qualifier l’opération de fusion entre égaux pour payer Chrysler moins cher et éviter de débourser une prime de contrôle. Un juge fédéral du Delaware a jugé en avril 2005 que Kerkorian et sa société d’investissement Tracinda Corp étaient des investisseurs avertis et qu’ils n’avaient pas pu être trompés par la manière dont Schrempp avait présenté l’opération.

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