Automobile : le blues des Sous-traitants

L’arrêt par FIAT de ses activités de montage au Maroc ne laisse pas indifférent l’Association marocaine pour l’Industrie et le Commerce automobile (AMICA), sous-traitants et fournisseurs. Des problèmes se posent notamment avec cette dernière catégorie par l’arrêt des activités du constructeur automobile italien. «Même s’ils savaient que le contrat venait à expiration en décembre 2003, ils croyaient à un accord, ils ont acheté de la matière première. Maintenant, ils se retrouvent face à un stock inutilisable ». Les responsables de FIAT Auto Maroc disent être actuellement en négociation avec leurs fournisseurs locaux dont certains se sont intéressés au Maroc en 1995, suite à l’avénement de la voiture économique. « Des ébauches de solutions ont déjà été trouvées. Il reste encore des points à aplanir, notamment avec trois équipementiers mais, pour l’essentiel, le constructeur automobile italien s’est engagé à racheter des stocks sous certaines conditions», précise une source proche de la Direction. D’un autre côté, avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, les choses commencent aussi à bouger. Des représentants de l’AMICA ont rencontré le ministre, Rachid Talbi El Alami, le lundi 24 novembre. Plusieurs thèmes étaient à l’ordre du jour, entre autres le principal, à savoir l’arrêt de l’activité industrielle de Fiat Auto au Maroc. Sur ce problème, M. Talbi dit avoir fait tout son possible pour persuader le constructeur automobile italien de revenir sur sa décision, appuyé dans ces efforts par la Somaca, les équipementiers automobile et les concessionnaires de Fiat au Maroc. Pourtant, d’après un responsable à Fiat qui suivait de près ces négociations, l’Etat est resté inflexible sur le problème majeur de la TVA, l’un des nombreux points d’achoppement de ce dossier. Le directeur de Fiat dit n’avoir pas obtenu «les conditions financières minimales qui auraient permis à Fiat de prolonger sa présence industrielle au Maroc ». Bref, il s’agit maintenant de gérer l’après-crise. Pour le ministre, bien que FIAT ait annoncé officiellement l’arrêt de ses activités industrielles, tout reste encore possible. « Le Maroc reste ouvert à toutes les formes de coopération que Fiat Auto souhaiterait mettre en place ». Le ministre a manifesté sa volonté de vouloir s’entretenir directement avec le directeur des Opérations internationales de Fiat Auto, « pour s’enquérir de visu de la qualité du tissu des équipementiers marocains ainsi que du niveau de l’industrie automobile marocaine d’une façon globale ». Autre thème abordé, la nouvelle «L90» dont l’arrivée en juillet 2005 marquera le renouveau de l’automobile marocaine. Parmi ses principales obligations, Renault sera tenu à la réalisation d’une valeur ajoutée minimale de 40% au Maroc. L’enjeu est de taille vu le faible taux d’intégration qui caractérise l’industrie automobile marocaine. Le ministre place ce projet orienté vers l’export régional dans le nouvel environnement d’ouverture de l’économie mondiale. Une manière de dire que les régimes de protection sont bel et bien révolus. D’ailleurs, la loi 10.81 sur la réglementation des industries de montage a été abrogée. Cette décision importante s’explique par la nécessité de tenir ses engagements pris vis-à-vis de l’OMC. « Dans le cadre actuel et futur de l’industrie automobile au Maroc, cette loi a perdu de sa portée. Toutefois, les engagements des constructeurs pour le montage des véhicules légers économiques, en matière d’intégration et de compensation, seront garantis par les conventions signées avec l’Etat marocain. » Dès janvier 2004, des discussions seront menées avec le groupe Renault, actuellement actionnaire majoritaire à la Somaca. L’objectif est de discuter de la meilleure façon de dépasser cette période, sans qu’il y ait d’impact négatif particulier sur le tissu des équipementiers en amont de la chaîne de montage. Le ministre invite les équipementiers à faire preuve de plus d’agressivité dans leur démarche pour conquérir de nouveaux marchés, notamment ceux des autres sites de production du véhicule familial « L90 » du groupe Renault, à savoir la Roumanie, la Colombie, la Russie et l’Iran. Reste à savoir quelles dispositions ont été prises pour gérer cette longue transition de deux ans. Les risques de voir s’opérer un retour en force du marché de l’occasion sont bien réels.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *