Aviation humanitaire : Marrakech indique le Cap

Aviation humanitaire : Marrakech indique le Cap

A la question : qu’est-ce qui a conduit le Programme alimentaire mondial (PAM) à choisir le Maroc pour la tenue de sa 5ème Conférence mondiale sur l’aviation humanitaire, les experts du service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (SAHNU) répondent : c’est la stabilité. Et certains d’entre eux ajoutent : alors que la plupart des autres pays arabes ou africains sont secoués de soubresauts meurtriers, c’est l’une des rares régions qui soit capable d’assurer pleinement paix et sécurité à l’heure actuelle.

Pour autant, même envoyée d’aussi belle manière, la réponse ne dit pas tout et ils reconnaissent eux-mêmes que le Maroc a d’autres atouts que la stabilité qui séduisent à volonté. Parmi ces attraits, les experts onusiens en aviation civile de sauvetage relevant du Programme alimentaire mondial (PAM) citent la géographie et le know-how. Mercredi dernier à Rabat, au cours d’une conférence de presse animée en partenariat avec le ministère de l’équipement et du transport, ils ont traité de ces points de séduction avec force détails.

Parce qu’il est au centre d’une zone d’action névralgique, parce qu’il est quasiment à égale distance de l’Europe, de l’Amérique, de l’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, le Maroc est tout désigné à jouer le rôle de plate-forme dans la stratégie d’aide humanitaire de l’ONU  – 50 avions, plusieurs milliers d’engins roulants et des centaines de millions de dollars de chiffre d’affaires. Ce qu’un des intervenants dira ainsi : le Maroc est appelé à se substituer à Chypre et aux points d’ancrage de la Méditerranée comme base arrière des équipes d’aide du PAM». Cependant il est abusif, sinon faux, de croire que la géographie détermine tout, il y a aussi le savoir-faire aéronautique.

Pour les experts onusiens du PAM, le Maroc est en effet une étoile montante dans le ciel de la maintenance des avions grâce essentiellement au pôle d’industrie aéronautique et aux centres de réparation de Nouaceur. Or, la maintenance, et qui plus est, celle qui est proche et rapidement disponible, est essentielle dans le cas d’appareils opérant dans des conditions extrêmes comme le font les avions ravitailleurs du PAM «qui, souvent, larguent ou livrent vivres et médicaments en situation de sécurité- limite, ce qui les expose aux pires aléas». 

La perspective d’être une des chevilles ouvrières de l’immense système d’aide humanitaire du PAM, c’est ce qui donc attend le Maroc dans le moyen terme. Dans des délais plus proches, c’est la place de capitale de l’aviation humanitaire que Marrakech a ravie à plusieurs villes de premier plan en prenant option sur l’organisation du 9 au 11 octobre prochain de la 5ème conférence mondiale de l’aviation humanitaire- la 1ère   à se tenir en terre africaine. Quelque 300 experts devraient y participer. Ils représentent à parts égales le secteur privé et le domaine d’activité publique. Il y aura là des délégués d’organisations d’aviation civile, des militaires, des experts, des industriels, des représentants de compagnies aériennes ou d’avionneurs ou des envoyés des autorités aéronautiques… 

«Bref, il y aura là quasiment tous les profils qui structurent les métiers liés à l’exploitation des aéronefs». Que se diront-ils ? Eh bien : «ils échangeront sur ce qui importe le plus quand on est en mission humanitaire à haut risque : la sécurité». Mais pas seulement, il sera également question au cours de ce sommet placé sous le patronage du Roi de technique et de maintenance, de stratégie et de géopolitique, de coopération régionale et internationale, d’aide humanitaire et de la meilleure manière de la conduire… Le chemin est alors tout tracé pour évoquer l’expérience du Maroc dans l’humanitaire. On parlera donc aussi des aides aux populations victimes des inondations au Soudan, au Niger et au Burkina Faso. On parlera sans doute de l’action sociale entreprise au Mali et plus certainement des aides humanitaires pour les réfugiés syriens. 

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