Avions ravitailleurs : L’américain Boeing menace de se retirer

La perspective que Boeing se retire du juteux appel d’offres de l’US Air Force sur sa flotte d’avions ravitailleurs a pris une tournure plus concrète vendredi, l’avionneur américain ayant clairement indiqué avoir besoin de plus de temps que le calendrier fixé par le Pentagone. Boeing, jusqu’ici résolu à remporter cet appel d’offres de 35 milliards de dollars, n’a désormais «plus beaucoup d’options à part ne rien présenter», a indiqué vendredi Dan Beck, un porte-parole, à l’AFP. C’est une position plus radicale que les «hésitations» de Boeing rapportées il y a dix jours par la presse, et qui sous-entend que le tandem rival américano-européen Northrop-EADS resterait seul en lice. «Nous avons demandé au Pentagone six mois supplémentaires pour soumettre notre proposition», a expliqué M. Beck vendredi. Or, le Pentagone a accordé un délai de 15 jours seulement, selon des sources proches du dossier citées par le Wall Street Journal, ce qu’on n’a pas voulu commenter chez Boeing. Au Pentagone, un porte-parole a indiqué que la priorité était «de progresser de manière rapide et efficace», l’armée utilisant une flotte vieillissante de «stations-essence des airs» qui attend un renouvellement depuis cinq ans déjà. «Nous allons publier la semaine prochaine les détails de notre appel d’offres. Les modalités du calendrier y seront mentionnées», a déclaré Bryan Whitman. «Que les compagnies soumettent une offre ou non est leur propre choix», a-t-il ajouté. Northrop a pour sa part indiqué que tout délai supplémentaire serait «nuisible» au programme et «risque de conduire à une escalade des coûts pour le gouvernement et le contribuable», ajoutant qu’un délai de 60 jours à ce stade d’un appel d’offres est «sans précédent». Initialement accordé à Boeing de gré à gré en 2003, le contrat portant sur 179 avions ravitailleurs a été annulé quelques mois plus tard sur fond de scandale de corruption. Il avait été réattribué en février dernier à Northrop-EADS. Mais cette attribution a été remise en jeu à la suite d’une plainte déposée par Boeing, qui contestait les conditions d’attribution du contrat. La Cour des comptes américaine a donné raison à Boeing, conduisant à la remise à plat du contrat en juillet dernier. Le Pentagone a peu après transmis aux candidats de nouvelles spécifications lors d’un point d’étape, et fixé au 1er octobre le dépôt des offres. Pour Boeing, «il s’agit clairement d’un nouveau contrat», a martelé Dan Beck. «Les spécifications ont changé» a-t-il poursuivi, car l’appareil désormais requis par l’US Air Force demande des capacités de transport de carburant plus importantes.


• Amandine Ambregni (AFP)

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