Azzedine Baddou : «Tout est affaire de dimension»

Azzedine Baddou : «Tout est affaire de dimension»

Entretien avec Azzedine Baddou, architecte du terminal 1 de l’aéroport de Casablanca

La griffe de l’architecte apparaît dans le style épuré et lumineux du terminal 1 avec la prédominance de deux couleurs: principalement le blanc et puis le rouge en guise de clin d’œil à la RAM. La structure et le design du terminal 1 sont marqués par des courbes et des lignes élancées, ce qui donne une allure simple avec une perspective sur la piste d’atterrissage. L’art a aussi sa place dans cette structure. Ainsi, trois œuvres suscitent la curiosité des voyageurs et constituent un véritable point d’attraction. Il s’agit de trois sculptures qui s’imposent dans trois parties du terminal :  un lion entièrement noir, un aigle suspendu et un cavalier en grandeur nature réalisé par divers artistes. La construction de ce terminal a mobilisé pas moins de 840 hommes par jour de travail dont 600 ouvriers, 100 contremaîtres, 80 techniciens et 60 ingénieurs.Pour nous en parler, nous sommes allés à la rencontre de Azzedine Baddou.

ALM : Quelle a été votre idée de départ pour concevoir l’architecture de ce terminal ?

Azzedine Baddou : Au départ de l’action, le terminal 2 venait d’être livré. Il fallait donc impérativement faire cette extension. Tout d’abord, il nous a fallu régler quelques problèmes dans la mesure où ce projet était dépendant de tous les bâtiments existants. Et en même temps il fallait l’adapter au niveau des autres bâtiments. On a pris tout cela en main et l’idée était d’intégrer ce bâtiment et d’en faire une structure un peu plus ouverte que le terminal 2 avec plus de transparence tout en conservant l’alignement de la voie de service. L’objectif était pour nous de surmonter les contraintes et de lancer avec un minimum de structures un bâtiment qui soit à la fois léger, transparent et lumineux. Et comme vous pouvez le constater, le blanc est la couleur principale en référence à la ville de Casablanca.

Vous avez travaillé sur le projet pendant un peu près de douze ans, racontez-nous un peu comment était cette expérience…

On a commencé par une première solution. L’objectif était de résoudre un certain nombre de problèmes liés aux flux et au croisement de flux qu’il y avait dans le terminal 2.

Le terminal 1 était déjà existant mais il fallait travailler sur la réhabilitation étant donné que c’est un bâtiment vétuste. Il a fallu décloisonner, refaire, reprendre l’ensemble des réseaux de climatisation, d’électricité, de fluide et autres et puis faire une extension pour ce nouveau bâtiment. Nous avons travaillé sur cela avec mon équipe qui est composée de 4 architectes. Je suis maître d’œuvre du projet à titre personnel.

Quels étaient les matériaux utilisés dans l’ossature et la construction de ce terminal?

Nous avons travaillé sur la charpente métallique avec des structures en métal et puis, comme vous pouvez le voir, nous avons réalisé cette arborescence de ce qu’on appelle des dièdres qui sont venus lancer les éléments en façade en intégrant cette couverture qui est légère sans aucune structure intermédiaire.  L’idée c’est d’intégrer des structures légères et qui permettent d’envelopper l’ensemble du bâtiment. On a fait des surélévations des deux casquettes aux extrémités pour avoir des points lumineux dans diverses zones du terminal.

L’idée était aussi de garder le maximum de transparence et de présence par rapport à la piste, et par rapport aux avions qui font partie intégrante du paysage de l’aéroport.

En termes de chiffres, combien il vous a fallu de matériaux pour réaliser cet ouvrage ?

Ce sont des structures qui sont en tonnage assez importants. Pour nous l’essentiel c’était de travailler sur des matériaux légers. Ainsi, les planchers sont réduits, les structures sont plus légères mais en même temps techniquement beaucoup plus fiables. Il y a des choses assez intéressantes qui ont été effectuées par les bureaux d’études en termes d’optimisation de tous ces éléments-là. Nous architectes on a tendance à laisser cela au bureau d’études mais dans ce cas de figure j’ai été très présent.

De votre point de vue, quelle est la particularité de cet aéroport par rapport aux autres aéroports dans le monde ?

Vous savez, tout est affaire de dimension. Au départ, le projet a été dimensionné pour 7 millions de passagers. Ailleurs on dimensionne pour 40 ou 60 millions de passagers. Pour certains aéroports comme celui de Doha, de Dubaï ou de Singapour on parle d’autres dimensions plus importantes.

Maintenant par rapport aux besoins d’une ville comme Casablanca je crois qu’avec le terminal 1 qui double la capacité en termes de passagers, nous répondons à un besoin immédiat et qui se faisait attendre.

D’ailleurs actuellement nous travaillons sur la zone centrale. De même, j’ai déjà validé le travail sur la zone de contrôle et on va bientôt commencer le chantier de la tour de contrôle de l’aéroport de Casablanca.

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