Badr Ikken: «La technologie photovoltaïque pour remplacer la source d’électricité conventionnelle»

Badr Ikken: «La technologie photovoltaïque pour remplacer la source d’électricité conventionnelle»

Entretien avec Badr Ikken, président de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen)

Les réseaux intelligents (Smart grid) constituent désormais un levier de développement en termes d’optimisation de consommation de l’énergie électrique. Un constat auquel sont parvenus les participants à la conférence qui s’est déroulée à Ben Guerir. Sur ce sujet et bien d’autres nous sommes allés à la rencontre de Badr Ikken, président de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen).

ALM : Quelle est la particularité du Green Park de Ben Guerir ?

Badr Ikken : Le Green Energy Park est une plate-forme de test et de recherche pour l’information des énergies solaires. Bientôt on va mettre en place une construction du Green and smart building park qui sera en face de cette plate-forme. On démarrera la construction cette année même et cette plate-forme de recherche va être dédiée aux bâtiments verts, aux bâtiments intelligents et aux réseaux intelligents qui consomment très peu d’énergie. Ainsi, en termes de chiffres, 20 petites maisonnettes seront construites en réseaux de 4 petites maisonnettes interconnectées avec des véhicules intelligents. Cette technologie va nous permettre de consommer très peu d’énergie, notamment très peu d’électricité. Ces constructions seront autonomes et confortables pour les utilisateurs. Dans cette dynamique on essaye aussi d’exploiter au maximum des matériaux locaux afin que ces bâtiments soient adaptés aux conditions climatiques marocaines et à nos besoins.

Lors de vos différentes interventions vous avez insisté sur les opportunités qu’offrent les énergies renouvelables au Maroc. Justement quelles sont les opportunités non encore exploitées en la matière ?

Au cours de la rencontre nous avons traité le sujet des réseaux intelligents à différents niveaux, à savoir à niveau résidentiel, ou encore à un niveau plus élevé, par exemple l’exploitation de ces réseaux dans les quartiers, les complexes immobiliers, mais également comment intégrer ces énergies renouvelables au niveau de la ville. Prenez par exemple l’éclairage :
aujourd’hui l’éclairage relève plutôt du statique alors que vous pouvez avoir un éclairage intelligent avec des réseaux et des capteurs qui vont allumer la lumière et régler l’intensité au moment où il y a un besoin, cette intelligence a beaucoup d’avantages. Il y a aussi les applications industrielles, le chauffage, la climatisation, tous ces éléments peuvent être réglés d’une manière intelligente. Ces différentes possibilités offrent de nouvelles opportunités à développer de nouvelles solutions complètes. Dans ce sens, on envisage l’utilisation de la technologie photovoltaïque pour remplacer la source d’électricité conventionnelle et donc au moment où vous pouvez intégrer cette intelligence vous commencez à profiter de cet avantage de communication. Avant, l’énergie était produite et consommée alors que maintenant le fait d’avoir des flux bidirectionnels nous permet de la régler et la réguler d’une manière plus optimale et contribuer par cette action à une meilleure efficience énergétique. On peut dans ce sens baisser le coût et l’utilisation de l’énergie à travers une utilisation plus intelligente.

Comment imaginez-vous la ville de demain ou la smart city ?

Il faut vraiment réfléchir à adapter la ville aux particularités nationales parce que la ville du futur européenne ne sera peut-être pas la ville du futur marocaine ou africaine. Il y a dans ce sens un travail à faire et un potentiel à exploiter. Maintenant avec ces possibilités de production d’électricité décentralisée et puis avec tout ce qu’offrent les télécommunications les chances à saisir se multiplient. C’est un peu dans cette direction qu’on peut commencer à imaginer un éclairage plus intelligent, la mobilité électrique, l’utilisation même de la batterie de la voiture au niveau de la maison, par exemple : quand la voiture roule, l’éclairage va s’allumer au moment où elle arrive à la maison. Puis il y a un aspect très important lorsqu’on parle d’intelligence réseau ou de «smart grid» pour la mobilité électrique, il s’agit de la dimension de sécurité. En effet, avoir des systèmes intelligents dans le véhicule va contrôler et éviter les collisions. L’optimisation de l’énergie et le volet sécuritaire vont être de plus en plus pris en compte. De plus, grâce au flux bidirectionnel l’information va passer des deux côtés. Il ne s’agit plus d’une offre et d’une consommation mais d’un échange entre l’offre et le besoin.

Quels sont les projets de l’Iresen ?

La prochaine plate-forme va traiter l’efficacité énergétique dans le bâtiment et les réseaux intelligents, ensuite il y aura une 3ème plate-forme dédiée au Water energy nexus. C’est un sujet important, il s’agit du traitement d’eau saumâtre, le dessalement grâce aux énergies renouvelables, la production d’énergie grâce à l’eau et à l’énergie marine. Il y aura aussi une plate-forme dédiée à la biomasse et au stockage. Comme vous le savez, le stockage est un élément essentiel pour arriver à développer les énergies renouvelables et les intégrer plus fortement dans le réseau électrique.

Quel est pour vous l’objectif du stockage d’énergie ?

L’objectif pour nous en matière de stockage c’est de baisser les prix. Il y a six ans on était à 1.000 dollars américains par kilo watters et aujourd’hui on en est à 300 dollars. Sûrement on descendra dans les années à venir à moins de 150 dollars le kilo watters, il serait très intéressant d’utiliser ces applications pas seulement pour le secteur électrique mais aussi pour le secteur résidentiel afin d’encourager le développement des énergies renouvelables et le photovoltaïque plus précisément.

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