Bagdad suspend ses livraisons

L’Irak, sous embargo depuis près de 11 ans, connaissant des difficultés économiques et sociales graves et insurmontables, a plus qu’osé en suspendant, hier lundi, pour une période d’un mois, ses exportations de Brut vers les pays entretenant des relations diplomatiques avec Israel. L’Irak a décidé de «cesser ses exportations de brut pour une période de 30 jours», a déclaré le président Saddam Hussein dans son discours adressé au peuple palestinien et à la nation arabe.
Le gouvernement iraquien avait auparavant appelé au recours à l’arme du pétrole contre les Etats-unis et Israël comme moyen de pression dans le conflit israélo-palestinien. L’Iran a entendu l’appel et a interpellé vendredi dernier les pays islamiques producteurs de pétrole de suspendre «à titre symbolique et pendant un mois» l’approvisionnement de l’occident en brut.
«Je demande aux pays arabes et islamiques producteurs de pétrole d’arrêter l’approvisionnement de l’occident et des pays qui entretiennent des relations avec Israël pendant un mois et à titre symbolique», avait demandé le guide de la république islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei. Dimanche, la Libye a exprimé également son soutien à l’appel iranien. Les trois Etats membres de l’OPEP ont néanmoins décidé la rupture, contre la décision prise par l’organisation, de ne pas répondre à la proposition de Téhéran.
Aussi, le président irakien a surpris, hier, le monde entier en annonçant cette décision qui a été vue d’un mauvais oeil par la Russie et les États-Unis. Dans le même temps, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), pour sa part, a indiqué qu’elle ne compte pas suivre l’exemple de l’Irak. «L’OPEP, en tant que telle, n’a pris aucune décision collective de suspendre ses exportations de pétrole», a déclaré au siège du cartel à Viennes une source proche de l’organisation. «L’OPEP souhaite que l’ordre et l’harmonie règnent sur le marché. Elle ne doit pas être entraînée dans une crise politique au Proche-Orient», a ajouté cette même source sous le couvert de l’anonymat. «Si des pays membres ou du Proche-Orient souhaitent voir l’OPEP prendre part à l’embargo qui vient d’être décidé par l’Irak, cela sèmera la zizanie sur le marché», a-t-elle encore commenté.
Le marché a aussitôt réagi à la hausse à l’annonce de cette décision, le cours du pétrole Brent grimpant, lundi matin, en flèche à Londres. Les observateurs craignent que le monde industrialisé, notamment l’Europe, le Japon et les Etats-Unis n’entre dans une récession. Chose qui ne manquera pas d’avoir des retombées néfastes sur les économies des pays non producteurs de l’or noir.

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