Bâle III : inquiétude sur une application trop rapide

Bâle III : inquiétude sur une application trop rapide

Les banques internationales ont prévenu samedi 9 octobre que l’économie mondiale pourrait être affectée par une application trop rapide de la nouvelle réglementation du secteur bancaire, dite de «Bâle III». Les établissements financiers s’inquiètent notamment que certains puissent exiger de leurs banques qu’elles remplissent avant 2019 les nouvelles normes établies le mois dernier en matière de fonds propres et de liquidités. Selon Bâle III, les banques ont jusqu’en 2015 pour porter le ratio de leurs fonds propres de meilleure qualité, le «core tier 1», à 4,5% de leur total de bilan, et jusqu’à 2019 pour constituer un «matelas de précaution» de 2,5%. «Il existe une véritable inquiétude de la part du secteur concernant la requête de pays d’accélérer le processus d’introduction progressive (des nouvelles règles)», a déclaré Joseph Ackermann, président du directoire de Deutsche Bank et président de l’Institut de la finance internationale (IIF). L’économie mondiale reste fragile, a-t-il dit avec d’autres banquiers lors de l’assemblée générale de l’IIF ce week-end. Et ces derniers d’avertir qu’une application trop rapide de la nouvelle réglementation pourrait étouffer la reprise. Les autorités de régulation ont toutefois dédramatisé l’idée d’une accélération du calendrier de Bâle III, en rappelant que les autorités se sont entendues sur l’année 2019 afin de s’assurer que les économies ne seront pas affectées par la nouvelle réglementation. Le président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, a notamment jugé «exagérées» les craintes des banquiers et estimé que les coûts liés à cette nouvelle réglementation étaient «gérables». «Certains estiment que les nouvelles normes sont trop dures», et ils s’inquiètent des effets sur le crédit et la croissance économique, a-t-il dit dimanche lors d’une conférence de l’IIF. «Je pense que les inquiétudes sur les coûts (de Bâle III) sont exagérés». Il a cependant dit que les régulateurs pourraient, si nécessaire, modifier les normes relatives à la liquidité en cas d’effets défavorables sur le marché du financement à court terme des entreprises. Il a par ailleurs souligné l’importance de la coopération internationale. «(Des normes internationales harmonisées) sont nécessaires pour s’assurer que les banques et les autres sociétés financières ne puissent pas permettre à leur activité d’échapper à la régulation», a-t-il dit.

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