Balisage : Bazar et Tourisme

C’est le parent pauvre de la politique touristique du Maroc. Maintenu des années durant loin de l’évolution du secteur, parfois ballotté entre le département du Commerce et celui de l’Industrie, pressenti un certain temps dans les Affaires générales, tantôt dans la Culture, l’artisanat marocain s’est fait oublier dans la vision 2010. Malade dans ses bazars, dont on ne savait pas encore dans quel ministère les ranger, malade dans ses différentes activités qui, bien que bénéficiant d’alléchantes mesures fiscales, peinent aujourd’hui encore à trouver des lignes de crédit, c’est une activité qui évolue au grè des vents, sans contrats-programmes, sans orientations.
Ajoutez à ce tableau, l’opacité des prix pratiqués, toujours non affichés dans certaines maisons, qui veulent, disent-elles, préserver au «jeu du marchandage», paraît-il, sa spécificité locale, et on tombe dans les raisons qui ont poussé l’ONMT, il y a de cela une année, à lancer une énergique campagne de moralisation qui les concernait au premier chef. L’Office avait brandi des labels, avant d’être le premier à être convaincu de l’inutilité de sa démarche.
On parlait de label, de transparence. La campagne est passée, avec ses sketch à la télé, ses affiches dans les rues ; mais faute de mesures plus énergiques, les bazars sont restés des bazars.
Pièges à touristes pour certains, un monde mystérieux pour d’autres. Nul doute, le ministre du Tourisme, n’aura pas d’état de grâce à ce niveau.
D’autant que le rattachement de ce département au tourisme coïncide avec une campagne timide mais inédite du fisc qui à Tanger, a commencé à réclamer son dû. Un véritable bras de fer qui n’est qu’à son commencement. Car, tous les bazars ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a ceux qui jouent presque le rôle d’une banque agrée qui font le change, ceux qui n’ont pas droit à cet exercice mais le pratiquent quand même et, d’une manière générale, ceux qui font le change et l’artisanat. C’est entre ces différents bazars qu’une nouvelle politique de l’artisanat devra se frayer un chemin. A Douiri de sonner la charge.

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