Balisage : Désacraliser le foncier

C’est peu dire que le foncier au Maroc est un frein au développement du tourisme. Certes, les pouvoirs publics en ont conscience dans les discours mais dans la pratique la même sacralité qui fait que les prix du terrain atteignent des sommets continue à entourer le secteur foncier. Le projet de l’aménagement de l’Aguedal à Marrakech, récemment inauguré en grande pompe par le ministre du Tourisme et les autorités de la ville, offre à cet égard un exemple parlant.
Le prix au mètre carré dans cette zone viabilisée de 96 hectares où seront construits des hôtels et des résidences a coûté plus de 400 Dhs. Trop cher de l’avis des professionnels qui espéraient des tarifs symboliques comme cela se pratique sous d’autres cieux touristiques en Egypte ou en Tunisie. Résultat de ce renchérissement foncier : le promoteur désireux de construire un hôtel dans cette région doit débourser d’entrée de jeu plusieurs millions rien que pour l’acquisition du lot. Bien entendu, l’investisseur pour rentrer dans ses frais répercute cette charge sur le tarif de l’hébergement. Et c’est ainsi en partie que le Maroc, en raison du tarif élevé des chambres, est devenu une destination chère par rapport aux pays concurrents du Bassin méditerranéen alors qu’il devrait jouer la carte de low cost qui est actuellement la tendance mondiale dans le secteur des voyages.
La réforme du foncier se trouve au centre du développement du tourisme marocain. Sans une refonte volontariste, cette activité érigée en priorité nationale aura du mal à décoller dans le sens d’un boom touristique avec des complexes, des résidences et des villages de vacances un peu partout au Maroc.
Dans cette optique, la création d’une agence foncière qui centraliserait l’ensemble des terrains destinés à l’investissement économique et industriel devient une nécessité urgente. C’est par cette démarche extrêmement utile que le Maroc pourra introduire une dose importante de transparence et de bon sens dans l’écheveau complexe des terrains.
La première fonction du foncier, n’est-il pas d’accueillir des investissements productifs, créateurs de richesse et pourvoyeurs d’emplois? Alors, il faut arrêter de le sacraliser à l’excès au risque de le transformer en obstacle permanent devant le décollage économique du pays.

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