Balisage : Le tourisme a un sexe

Commençons par excepter le Tibet. Passé le pays du Dalai Lama, perché sur le toit du monde, passé les hauteurs spirituelles de certaines cités religieuses, passé les couvents et les monastères, y  a-t-il une destination touristique exempte de tout tourisme sexuel ? Certes, Marrakech bénéficie d’une situation privilégiée, avec un patrimoine culturel et touristique ancien, qui se perd dans les épopées Almoravides et Almohades, des monuments et des marabouts qui feraient le plaisir de tout  adepte d’une retraite spirituelle. Mais ce ne sont pas là – loin s’en faut-  les ingrédients de l’industrie du tourisme. Les sociologues sont unanimes. L’on sent un vrai retour du spiritualisme dans le monde, un retour auquel seul l’industrie touristique tiendrait tête. Il n’en serait pas autrement à Marrakech qu’à Charm El Sheikh ou à Ibiza.
L’homme n’a pas beaucoup changé. Quand il est en vacances, l’homo-Sapiens Sapiens comme sans doute son ancêtre du Néanderthal revient toujours à ses vieilles amours: , restauration, soleil, sexe et sable fin. Cette dernière terminologie est remplacée par les boîtes de nuit quand on se trouve loin du littoral, à Marrakech par exemple. Essayer de résister à la pesanteur, à l’inclination naturelle du touriste, c’est se condamner à l’accepter plus tard, après avoir donné un sacré coup de main à la concurrence. Les touristes privés de loisirs ici s’envolent vers d’autres cieux, d’autres pays qui ne demandent pas mieux;
Si le Club Med de Ouarzazate, dédié il y a deux décades au Yoga et à l’ascendance dialectique est tombé en désuétude, c’est bien parce que les centres d’intérêts du secteur sont toujours les mêmes. Le groupe Accor qui a repris cette sorte de monument touristique, l’a adossé sur d’autres valeurs, d’autres produits plus attractifs. La ville ocre grange ces dernières années des millions grâce aux loisirs,  à l’animation. C’est le premier centre d’intérêt du touriste. La place Jamaa El Fna a beau regorger de charmeurs de serpents qui n’ont d’équivalent qu’au pays de Ghandi, la Ménara enchanteresse a beau déployer son charme le long d’un plan d’eau lisse et calme, c’est dans les restaurants et les centres d’animation que se trouve le point de chute du tourisme. On ne peut obliger celui-ci à changer de goût. Pourquoi viendrait-il à Marrakech pour être obligé à dormir à 3 heures du matin, pour se voir presque interdit de faire des clins d’œil à la gent féminine ? Cette réalité admise, l’on doit quand même convenir que les  alarmes lancées régulièrement par certains milieux, souvent loin des réalités du tourisme, ne doivent pas être jetées toutes aux poubelles. Il y a une part de vérité qu’il est vain d’occulter. Des cas de pédophilie, de pornographie et d’autres atteintes aux mœurs comme partout ailleurs. Des écarts à ne pas généraliser et dont les modes de repression et de sanction sont largement prévus par le législateur marocain. Ce n’est pas parce qu’il y a des cas de dérapages, qu’il faut crier au loup et condamner le tourisme en entier, au risque de jeter le bébé avec l’eau de bain. 

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