Balisage : Les professionnels ont dit

C’est une constante. Chaque rencontre entre les ministres et les professionnels se transforme en une foire aux suggestions. La dernière assemblée ordinaire de la Fédération du tourisme n’a pas failli à la règle. Le ministre du Tourisme est reparti, le carnet pratiquement plein. En effet, sitôt bouclée, l’intervention du président de la FNT, Jalil Bennabès Taârji, qui conclut son discours positif sur l’amertume suscitée par «les retards engendrés dans l’ensemble des chantiers ouverts en faveur du secteur», le débat a pris le dessus en cette solennelle assemblée générale de la Fédération du tourisme.
Le message du ministre a été qualifié de «haute politique intelligente» par les observateurs présents. L’enthousiasme était palpable à la fin de l’intervention ministérielle. N’eut été l’urgence des chantiers, et les pléthores d’impôts en suspens, certains des opérateurs, les plus optimistes, entonneraient l’hymne de la joie. Le ministre a passé en revue différents thèmes dont le financement, à ses yeux un axe majeur de la vision 2010, en émettant le voeu que des «fonds propres » puissent être engagés dans la construction des hôtels. Le gouvernement collectera des fonds chez les assurances et les Caisses de retraite pour appuyer l’effort d’investissement. En attendant que l’idée de la mise en place d’une agence composée d’élite qualifiée, fonctionnant en société anonyme et censée accélérer les chantiers, il faut affronter les problèmes du présent.
Les soucis majeurs des professionnels aujourd’hui, sont l’absence d’un réel soutien par les pouvoirs publics pour que l’investisseur professionnel marocain puisse opérer avec aisance dans ce secteur. Les professionnels déplorent toujours l’absence d’une politique incitatrice à l’investissement par le financement, le foncier et la fiscalité. Avec des intérêts bancaires trop élevés, du foncier rare et trop cher, une fiscalité multiple qui érode 12% du chiffre d’affaires, accuser les opérateurs de pessimisme serait, faire preuve de trop d’indulgence, note un observateur avertie de l’actualité touristique, témoin de ces joutes oratoires.
Parmi les interventions remarquées, celle du président de la FNIH, déçu par le déficit de concertation entre la tutelle et sa corporation et, invitant au passage, le ministère à plus de communication. M. Oumani porte au passage un coup au CST, organe qui ne sert à rien et chute naturellement sur une question qui le préoccupe particulièrement : la véracité des statistiques officiels. Plus pragmatique, Fouzi Zemrani, président de la FNAVM, s’en prend au régime fiscal, aux taux de la TVA et à la libéralisation du ciel. Son confrère Othmane Chérif Alami regrette les critères et la manière dont s’est opérée la sélection des agences de voyages candidates à l’opération «haj », en citant le cas flagrant d’un billetiste qui concilie vente d’articles d’électricité et voyages aux lieux saints de l’Islam.
Comme c’est le cas dans tous les débats touristiques depuis deux ans, le bradage des prix s’est invité tout seul, sans que cette gentille foire ne se transforme en débat saignant. Ce qui témoigne du degré de maturité qui prévaut dans la profession. Les rapports moral et financier sont passés comme des lettres à la poste rapide, approuvés par des professionnels qui se sont tous donnés rendez-vous à Marrakech les 27 et 28 novembre prochain pour les pré-assises du tourisme.

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