Balisage : Marrakech au palmarès

Balisage : Marrakech au palmarès

Le succès de la ville impériale est en fait bien mérité. Marrakech, en effet, a mis en place depuis une quinzaine d’années, des infrastructures générales modernes et des structures hôtelières de qualité, ainsi que des espaces de congrès érigés au standard européen. L’encadrement des populations a réussi progressivement à éradiquer, du moins à réduire, de façon significative, les nuisances classiques de harcèlement, de  mendicité professionnelle et d’hygiène approximative. Dans la wilaya, la chose publique est prise au sérieux et disponibilité. L’efficacité sur le terrain, tant au niveau des autorités  administratives que politiques, a pris le pas sur les discours de circonstances et les effets d’annonces.
Quant au succès lui-même, il faut malgré tout, en l’évaluant, prudence et modestie garder. Certes, les nuitées hôtelières enregistrées au titre de l’année 2004 pour le tourisme réceptif et la clientèle nationale dépassent de plus d’un million les nuitées réalisées en 2003. Elles surclassent l’année de référence 2000 de près de 400 mille nuitées. Les deux premiers mois de l’année 2005, quant à eux, cartonnent tout simplement avec des résultats dépassant de plus de 152 mille nuitées l’année 2004. Même l’année de référence est battue avec plus de 188 mille nuitées de plus. Mais, ces performances ne doivent pas nous faire oublier que nous avons encore beaucoup de retard par rapport aux prévisions des programmes de la vision 2010, surtout qu’elles ne tiennent pas compte des capacités hôtelières additionnelles et que le taux d’occupation de Marrakech en février 2005 a baissé de 9% par rapport à 2000 et de 12% par rapport à 2001.
D’accord, mettons de côté pour une fois, cette foutue année de référence et réjouissons-nous des premiers succès constatés. Mais devons-nous, pour autant, occulter le fait que le marché français a la haute main sur 75% des nuitées étrangères et que notre dépendance doit nous interpeller au moins au sujet de la saturation possible de ce créneau et par rapport au risque de dérapage possible? Il est communément admis que la diversification des marchés relève des règles de base de tout commerce. Que deviendrions-nous demain, si pour une raison ou une autre, le marché français qui, subissant l’usure et l’essoufflement -somme toute possibles- ou l’effondrement à la suite d’une crise majeure, aujourd’hui improbable mais que rien n’exclut dans l’absolu, dans un monde où l’instabilité est plutôt la règle ? Le succès de Marrakech ne risque-t-il pas d’être plus difficile à gérer que sa mise en orbite ? Surtout si l’on considère l’élan quasi irrésistible du développement hôtelier et immobilier et l’essor constaté du transport aérien.
Il est intéressant pour la chute de cette lettre de se poser la question sur les résultats obtenus par le reste du Royaume, car bien entendu, il n’y a pas que la ville des sept saints sur la terre chérifienne. Globalement, le Maroc n’a pas dépassé  au titre des nuitées  réalisées en 2005, par son tourisme international, le taux d’accroissement de 1,6% par rapport à l’année 2000, sachant que le niveau d’évolution, à ce titre, pour certaines villes comme Agadir, Fès, Casablanca, Tétouan, a été plutôt négatif. A ne pas douter, il y a encore du pain sur la planche.

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