Balisage : Ne pas pavoiser

L’optimisme était palpable au stand du Maroc, lors de cette 26e édition du Salon Top Résa. A travers la mobilisation de l’Office du Tourisme, de la RAM, des professionnels venus dans le cadre des Conseils régionaux du Tourisme, ou en individuels, la destination a montré une belle image d’unité dans les objectifs et de diversité dans les produits. La mobilisation des Marrakchis et des Gadiris n’est plus un événement à signaler. En revanche, celle de Fès l’est pour diverses raisons et pas seulement du fait de la présence remarquée à cette manifestation du maire de la ville encadré par les opérateurs..La ville de Fès, avec une vingtaine d’opérateurs présents à Deauville, marque un grand retour. Ce sera certainement un marché à suivre pour l’année prochaine. D’autres destinations comme Tanger et Meknès, complètement noyautées dans le marché français ces dernières années, refont surface à Deauville. En revanche Ouarzazate semble avoir renoncé à la promotion. Ce n’est pas avec la présence d’un seul opérateur que cette destination arrivera à renouer avec la croissance.
Fait indéniable à souligner, la montée aux premières lignes des maisons d’hôtes. Riads du Maroc à Marrakech, et Dar Ghalia à Fès font partie des enseignes qui ont représenté cette nouvelle forme d’hébergement au Maroc. Tous ces professionnels ont assisté au débat Maroc –Tunisie organisé le jeudi 30 septembre au stand de la chaîne Voyages. Ce fut l’un des débats qui ont été les plus suivis par les Marocains, les Tunisiens et aussi par les grands groupes. Georges Colson de Fram, aussi présent en Tunisie qu’au Maroc se dira «amoureux des deux destinations». Le Maroc est sorti largement gagnant de ce débat grâce à un produit jugé plus séduisant, mieux positionné sur la qualité et une politique de soutien à l’investisseur plus clair. La Tunisie paye cash le prix d’une guerre des prix intenses et, de ce fait, aura besoin de plusieurs années pour inverser la tendance.
Les hôtels de Djerba, de Hamamet et de Souss ont aussi raté un virage important: ils n’ont pas fait suivre la courbe de la croissance par celle des emplois. D’où une chute de la qualité. De ce fait, beaucoup de professionnels marocains appellent à la retenue. Il ne faut pas pavoiser, font-ils remarquer, appelant à une remise en question permanente, à une refonte du produit. L’avenir de l’industrie des voyages dépendra de plus en plus des technologies de l’information et de la capacité des opérateurs à investir pour ne pas se faire distancer, prédisent les spécialistes. Or, le produit Maroc, aussi séduisant soit-il, reste encore dangereusement atomisé à certains niveaux. A la longue, cela pourrait être un handicap important. Un réajustement du produit est nécessaire pour maintenir la croissance à deux chiffres sur le marché français. La pêche au touriste passe désormais par une meilleure connexion à Internet et la maîtrise des moyens de communication.

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