Balisage : Parades nuptiales

Les nouvelles des arrangements entre le CIH et certains de ses créanciers dans les hôtels font le menu dans les halls bien cossus de certains 5 étoiles à Marrakech et dans d’autres villes du pays. Ainsi, un arrangement à l’amiable se profile à l’horizon pour les hôtels Riad Salam, lesquels ont frôlé la liquidation judiciaire. L’heure est désormais aux arrangements, confient les mandataires de la chaîne marocaine.
Pour le Complexe Rio basé à Casablanca, les informations de source hôtelière faisaient état aussi d’un arrangement. Le propriètaire aurait déboursé environ 90 millions de dirhams en échange de l’abandon de la dette, beaucoup plus importante. Simples spéculations? En tout cas à la la Direction juridique de la banque, l’on déclare sobrement que le Complexe Rio est en redressement judiciaire.
D’autre part, selon la même source, la banque a pris contact avec beaucoup d’établissements avec lesquels existait un litige afin de trouver un terrain d’entente. Rappelons que dans le dossier, on retrouve entre autres, outre le Groupe Salam, le Groupe Balafrej de promotion immobilière, l’hôtel Atlantic Palace, le Groupe Palm Dunes, le Groupe Abdelfattah Bargach, le Groupe Sahara Tours. En tout, tous domaines confondus, une quarantaine de dossiers. La banque a mis en place un système de restructuration au profit de ces débiteurs.
L’apurement de ces créances fait partie d’un vaste programme de toilettage en vue du mariage, «imminent», d’après une source bien informée, avec la Caisse française d’épargne. Ce sont 35% du capital de la Banque qui seront cédés à cette entité.
Partie prenante, l’Etat apportera sa pierre à l’édifice. D’abord en poussant les entreprises publiques à régler leurs dettes vis-à-vis de la banque dédiée à l’immobilier et au tourisme. Les Organismes sous tutelle (OST) ont mis la main à la poche en règlant 1,3 milliard dès l’année dernière. Un montant équivalent sera versé par d’autres organismes et par les collectivités locales.
Autre geste de l’Etat, faire jouer enfin sa garantie, étant entendu que beaucoup de prêts hôteliers et immobiliers ont été concédés sous couverture d’un  milliard de dirhams.
Le dernier Conseil d’administration de la banque (tenu fin mai) a donné son feu vert pour le principe de l’abandon de la créance étatique contre injection d’un milliard de dirhams. Ce sont les termes d’un protocole arrêté avec les Finances.
Ce même conseil qui a décidé du principe d’une recapitalisation de l’ordre de 1,8 à 2 milliards de dirhams. En raison du niveau d’endettement, l’augmentation de capital doit être précédée d’une réduction à concurrence des pertes, d’environ 90% du capital. Le prix d’un arrangement pré-nuptial ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *