Bank Al-Maghrib : La consommation finale grimpera de 10% en 2011 contre 3,6% en 2010

La consommation finale des ménages devrait connaître une accélération. C’est ce que prévoit Bank Al-Maghrib (BAM) dans son dernier rapport sur la politique monétaire. Selon les prévisions de la BAM, la consommation finale nationale devrait s’accroître de près de 10% à prix courants, contre 3,6% en 2010. «Tirée par le renforcement des dépenses du personnel, suite à la décision du gouvernement de revaloriser les salaires du secteur public et les pensions de retraite, la consommation finale des administrations publiques devrait progresser à un rythme plus rapide comparativement à sa tendance de long terme», souligne Bank Al Maghrib dans son rapport. En effet, cet accroissement est tributaire principalement à l’amélioration du pouvoir d’achat, engendrée notamment par la hausse prévue des salaires, la bonne tenue des activités non agricoles, le maintien de l’inflation à un rythme modéré ainsi qu’au redressement de la production agricole. Cette dernière devrait a priori favoriser la consolidation de la consommation des ménages ruraux, souligne la BAM. Dans cette optique, Bank Al-Maghrib a mis le point sur l’évolution qu’ont connue les importations des produits finis de consommation. À fin avril 2011, ces importations ont grimpé à 10,6% contre 0,7 enregistré au cours de la même période de l’année précédente. De même, les crédits à la consommation ont marqué une croissance de 6,2%, en dépit de leur décélération continue. Par ailleurs, Bank Al-Maghrib a mis en relief dans son rapport l’évolution des conditions monétaires et prix des actifs. À ce sujet, la BAM a fait savoir que le crédit bancaire a maintenu son évolution, et ce à un rythme annuel proche de celui enregistré depuis le début d’année. En effet, les dernières données formulées par Bank Al-Maghrib font ressortir une hausse de 6,8% en matière de crédit bancaire et ce à fin avril 2011. Cette hausse vient après que le crédit bancaire eut franchi un taux de 6,4% en moyenne durant le premier trimestre 2011. En détaillant par agent économique, Bank Al-Maghrib démontre dans son rapport que «l’augmentation récente du crédit a concerné essentiellement les concours destinés aux sociétés non financières privées». A fin avril 2011, ces dernières ont connu une croissance de 15,4% au lieu de 13,3% au premier trimestre 2011. «Cette hausse a contribué à hauteur de 7 points de pourcentage à la croissance du crédit global, contre 5,9 points au trimestre précédent», explique Bank Al-Maghrib dans son rapport. Par ailleurs, les crédits alloués aux ménages ont connu, à fin avril, une importante régression. «Ces créances ont vu leur taux d’accroissement annuel revenir de 6,3% au premier trimestre à 3,9% en avril», lit-on dans le rapport sur la politique monétaire de Bank Al-Maghrib. Et de poursuivre que « leur contribution à la progression du crédit bancaire s’est limitée à 1,3 point de pourcentage, au lieu de 2,2 points». Par ailleurs, Bank Al-Maghrib souligne que l’évolution du crédit recouvre des évolutions divergentes de ses principales catégories.
Dans ce sens, les facilités de trésorerie ont poursuivi leur orientation haussière entamée depuis le quatrième trimestre de l’année 2010. Leur hausse annuelle a atteint en avril les 9,7% contre 7% le trimestre précédent. En commentant cette évolution, la BAM affirme qu’elle est liée notamment à l’augmentation des crédits accordés aux entreprises de distribution de carburants et aux importateurs de céréales. En revanche, les crédits à l’équipement et ceux à la consommation ont de nouveau marqué un ralentissement. Selon la BAM, leurs taux de progression en glissement annuel se sont situés, respectivement, à 11,8 et à 6,2% en avril contre 13,6 et 7,4% en moyenne durant les trois premiers mois de l’année 2011.  En outre, le rythme d’évolution des prêts immobiliers demeure quasiment inchangé par rapport au trimestre passé, et ce avec une augmentation annuelle de 9,2%. «Cette quasi-stagnation recouvre une atténuation de la hausse annuelle des crédits à l’habitat, de 12,3% au premier trimestre 2011 à 11,7% en avril, et une légère accélération de celle des crédits aux promoteurs immobiliers, de 2,2% à 3,8%», dévoile la BAM. Pour leur part, les créances diverses sur la clientèle ont accusé, en avril, une nouvelle baisse estimée à 5,7%. Alors que les créances en souffrance se sont établies à un niveau comparable à celui observé au cours de la même période de l’année précédente, conclut la BAM.


 Évolution récente de l’inflation
Après avoir atteint 2,0% en février et 0,6% en mars, l’inflation en glissement annuel est revenue à -0,3% en avril, s’établissant en moyenne à 1,6% au premier trimestre et à 1,1% sur les quatre premiers mois de 2011, souligne Bank Al-Maghrib . Pour sa part, l’inflation sous-jacente, qui traduit la tendance fondamentale des prix, n’a pas varié significativement d’un mois à l’autre, se situant à 1,8% en avril après 1,9% en mars, sa moyenne sur les quatre premiers mois de l’année ayant avoisiné 1,7%. Son écart absolu par rapport à l’inflation globale ressort à 2,1 points en avril, en raison de la baisse rapide des prix de certains produits alimentaires frais. Selon Bank Al-Maghrib, l’évolution de l’inflation sous-jacente recouvre un mouvement haussier de l’inflation des biens échangeables, en liaison avec les évolutions observées à l’international, ainsi qu’un ralentissement du rythme de progression des prix des biens non échangeables qui reflète la modération des tensions inflationnistes au niveau interne. En effet, l’indice des prix des produits échangeables a enregistré une hausse de 2,2% en avril après 2,1% en mars, tandis que l’inflation des biens non échangeables a ralenti, passant de 1,6% à 1,4%, relève-t-on . Outre leurs effets ainsi observés sur les prix des biens échangeables, qui demeurent jusqu’à lors relativement faibles, les tensions sur les cours mondiaux des matières premières sont particulièrement perceptibles au niveau des prix à la production industrielle qui se sont accrus de 15,2% en avril 2011, en glissement annuel, après 15,1% en mars et 14,0% en février 2011. D’un mois à l’autre, le rythme de progression des prix à la production a toutefois connu une décélération, revenant de 2,9% en mars à 1,3% en avril. Dans ce contexte caractérisé par une prévision centrale qui reste en ligne avec l’objectif de stabilité des prix et une légère orientation à la hausse de la balance des risques, Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 3,25%.

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