Bank Al Maghrib : L’urgence de la réforme

La réforme des statuts de Bank Al Maghrib serait-elle imminente ? Une chose est néanmoins sûre. Le souhait de mettre une telle action en application devient patent. Le gouverneur de Bank Al Maghrib, Mohamed Seqat, en a fait le point culminant de son intervention lors de la conférence tenue jeudi à Rabat à l’initiative du Club Diplomatique Marocain, avec comme thème « les grandes réformes du système financier marocain pour une meilleure intégration dans l’environnement international ».
Nombreuses sont les raisons qui expliquent l’urgence de réviser les statuts de la Banque centrale. En effet, les amendements que la réforme des statuts doit introduire, conjugués à une révision de la loi bancaire de 1993, sont à même de procurer à Bank Al Maghrib l’autonomie nécessaire pour mener à bien un contrôle prudentiel efficace et l’application d’une politique monétaire crédible. Telle est la thèse développée jeudi par le wali de la banque des banques qui plaide aussi pour une libéralisation du système monétaire et financier et son ouverture sur l’extérieur. Et ce par opposition à la situation qui marqué l’activité bancaire jusqu’aux années 1970. «Elle était (NDLR l’activité bancaire) d’autant plus sévèrement contrôlée que les taux d’intérêts débiteurs et créditeurs étaient administrés, ce qui laissait peu de place au fonctionnement des mécanismes de marché et l’émergence de la concurrence», a indiqué le gouverneur de BAM.
Les réformes engagées depuis une vingtaine d’années s’avèrent insuffisantes pour aboutir aux objectifs escomptés en termes d’évolution du système financier (dont les banques et les ex-organismes financiers spécialisés que le marché des capitaux) d’une économie d’endettement vers une économie de marché.
L’objectif de l’ouverture prônée est en effet de multiplier les sources de financement au profit des différents secteurs de l’économie marocaine. Son corollaire étant la réunion des conditions menant à la stabilisation du cadre macro-économique général. Stabilité est aussi le terme dont Mohamed Seqat a qualifié l’indicateur national sur l’inflation. Ce dernier n’a pas dépassé 2 % durant les deux dernières années. Comme conséquence directe de la maîtrise de son compte extérieur, que traduit le niveau confortable de nos avoirs en devise représentant actuellement l’équivalent de 12 mois d’importations, les taux directeurs de la Banque centrale ont à leur tour été maîtrisés. « Ils se situent à des niveaux comparables à ceux des pays européens», a assuré M. Seqat.

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