Bank Al-Maghrib table sur une croissance de 5%

Bank Al-Maghrib table sur une croissance de 5%

C’est sur fond de prévisions d’inflation à l’horizon du deuxième trimestre 2016 que Bank Al-Maghrib (BAM) a tenu son Conseil trimestriel hier à Rabat. Contre toute attente, la banque centrale a surpris bon nombre d’analystes et d’observateurs.

Ces derniers tablaient sur une baisse à l’heure où BAM a décidé de garder inchangé son taux directeur ! Celui-ci sera donc maintenu à 2,5%. Derrière cette décision, une conjoncture internationale qui retrouve enfin des couleurs et des perspectives nationales de croissance qui prêtent à l’optimisme. Malgré cet état de fait la banque centrale reste prudente.

Elle s’engage à suivre de près toutes les évolutions de conjoncture, que ce soit sur le plan économique, monétaire ou financier.

Conjoncture internationale globalement favorable…

Globalement, ça va mieux partout, ou presque ! Et pour cause, les différentes projections de croissance dans les principaux pays partenaires conjuguées à celles des prix des produits énergétiques semblent indiquer une absence de pressions inflationnistes d’origine externe. Le Conseil de BAM n’a pas manqué de relever une activité qui s’améliore légèrement dans la zone euro depuis le quatrième trimestre 2014. La croissance moyenne dans le Vieux Continent est ressortie à 0,9%, contre 0,8% un trimestre auparavant. Ces évolutions  n’ont, bien entendu, pas manqué de se refléter au niveau du marché du travail, avec un recul tous azimuts du taux de chômage.

Au niveau des principaux pays émergents, la croissance s’est stabilisée en Chine, à l’heure où les données du troisième trimestre indiquent une atténuation de la contraction du PIB au Brésil. Sur le marché des matières premières, en dépit de l’augmentation qu’ils ont connue en février, les prix du pétrole restent en forte baisse. On se situe donc loin du «climax» constaté en juin 2014. Ces prix devraient rester, selon les projections du FMI et de la Banque mondiale, légèrement en deçà de 60 dollars/baril en 2015. Cette situation n’a pas manqué de se refléter sur le pouvoir d’achat des ménages et sur leur capacité d’épargne, puisqu’elle a provoqué une baisse globale des prix, notamment dans la zone euro où ces derniers reculent de 0,3%. Même constat aux Etats-Unis, où le taux d’inflation est ressorti légèrement négatif en janvier après s’être établi à 0,7% un mois auparavant.

L’inflation restera maîtrisée en perspective…

Au niveau national, la croissance devrait se renforcer en 2015 à 5%, notamment sous les perspectives d’une bonne campagne agricole exacerbée par les récentes giboulées qui se sont abattues sur notre pays en mars, mais aussi la poursuite de l’amélioration des activités non agricoles. D’ailleurs, l’output gap non agricole demeure négatif, indiquant l’absence de tensions inflationnistes émanant de la demande à moyen terme.

S’agissant des comptes extérieurs, le déficit commercial continue de s’alléger, enregistrant un recul de 37,2% en glissement annuel à fin février. Les importations ont accusé un repli de 15,2%, avec notamment une diminution de 45,2% de la facture énergétique. En regard, les exportations ont augmenté de 8,2%, traduisant principalement une amélioration des expéditions des phosphates et dérivés, de la construction automobile et des industries alimentaires.

Les transferts des MRE ont progressé de 6,9%. Sur la base de ces évolutions et sous l’hypothèse d’un prix moyen du pétrole de 60 dollars le baril, le déficit du compte courant devrait se situer à près de 4% du PIB en 2015 après 5,9% en 2014.

Ecart monétaire négatif
 

Pas de soucis à se faire non plus sur le plan monétaire. L’agrégat M3 a enregistré une accélération de son rythme à 7,4% en janvier. L’écart monétaire demeure toutefois négatif laissant entrevoir l’absence de pressions inflationnistes d’origine monétaire. Pour ce qui est du crédit bancaire, il a connu une hausse de 4,3% (après 2,2% en décembre 2014), et sa progression à fin 2015 devrait avoisiner 5%.

Le Conseil de BAM s’est basé sur ces prévisions d’une économie de bon aloi et sur les améliorations attendues des activités, notamment celle du crédit bancaire. C’est en intégrant ces différentes données que le Conseil a analysé et approuvé, après avis du comité d’audit, les comptes de la banque et le rapport de gestion, ainsi que l’affectation du résultat au titre de l’exercice 2014. Il a également approuvé le programme numismatique de l’exercice 2015.

La balance des risques reste équilibrée

Si les indicateurs prévoient tous des jours meilleurs pour l’économie nationale, ils ont également tenu compte de la hausse du SMIG entrée en vigueur depuis juillet 2014. Une deuxième salve d’augmentation du salaire minimal devrait d’ailleurs intervenir en juillet 2015. Autre indicateur et non des moindres, celui de la nouvelle grille tarifaire de l’eau et de l’électricité.

Ainsi, si l’on écarte tout élément éventuel pouvant présenter un impact négatif, l’inflation devrait rester modérée avec une balance des risques équilibrée. Elle s’établirait à 1,4% en moyenne en 2015 au terme de l’horizon de prévision (soit au deuxième trimestre 2016).

 

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