Banques : la nécessaire concentration

Banques : la nécessaire concentration

La réforme bancaire a constitué le plat de résistance de la 19e édition du Carrefour du manager 2004, organisée à l’ISCAE, les 21 et 22 mai. La rencontre avait pour cadre général, «Le paysage bancaire marocain : réforme et mutations ». Occasion pour la palette de cadres et managers d’entreprises présents, de débattre sur les contours du projet de la nouvelle loi bancaire, les nouvelles tendances du secteur et, entre autres, les nouveaux enjeux du management. Le secteur bancaire marocain est en pleine mutation : assouplissement des emplois obligatoires, protection de l’épargnant, renforcement des ressources bancaires d’une part et, d’autre part, réactivation des capitaux, création des sociétés de Bourses. Bref, la dynamique est bien ancrée comme le laisse entrevoir le message de Rachid Talbi Alami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications.
Le débat de fond, lui, s’est arrêté un moment sur la vision d’une banque citoyenne. Pour Mohamed Kettani, directeur général de la nouvelle entité Attijariwafa Bank, née de la fusion BCM- Wafabank, une banque à 100% capitaux nationaux a, en plus de la rentabilité, d’autres priorités comme l’action citoyenne. De son côté, Mohamed Ali Ababou, directeur général de la SGMB, pense que le fait d’avoir des capitaux étrangers n’en diminue pas la mission citoyenne. Le thème est d’actualité, à l’heure où l’ancrage du secteur au système financier international est posé. Mais au préalable, la recherche de la taille critique se fera d’abord sur le marché intérieur. L’actualité bancaire se fera au rythme des fusions absorptions et du redéploiement.
Pour le ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, le phénomène de concertation financière observé actuellement est à la fois une cause et un effet de la globalisation et de la mondialisation des échanges et des flux de capitaux. Les récents rapprochements d’entreprises marocaines de différents secteurs sont positifs tant au plan macro-économique qu’au niveau des entreprises, a souligne M. Alami, persuadé que la maximisation des synergies est nécessaire pour développer les nouvelles technologies et investir dans la recherche –développement et l’innovation. Mais, face à ce processus de regroupement du milieu financier et vu la caractéristique du tissu économique marocain, prédominé par des entreprises de type familial et des petites et moyennes entreprises, les mécanismes de régulation sont nécessaires, en particulier pour éviter les dysfonctionnements.
Aussi, la compétitivité de l’économie marocaine, dépendante des PME, trouve une locomotive dans ces grands pôles financiers en construction. La structuration du secteur bancaire devra être bénéfique aux investisseurs et développer des instruments d’accompagnement comme l’ingénierie financière.
De son côté, l’Etat, à travers les réformes et la mise en place de plusieurs mécanismes (fonds de garantie, capital risque) poursuit aussi tout un programme destiné à aider les entreprises à trouver le meilleur financement. A termes, ces réformes, conjuguées à celles menées par le secteur privé, doivent faciliter l’accès aux ressources de financement et améliorer la structure financière des entreprises productives. Autre partenaire indispensable à ces mutations, la formation. Le directeur de l’Institut Supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), Rachid M’Rabet, a souligné l’importance de ce forum, dont l’une des missions est de rapprocher les étudiants du monde des entreprises.

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