Banques participatives : Retour sur expériences et perspectives

Banques participatives : Retour sur expériences et perspectives

La finance participative a permis l’inclusion des consommateurs qui, jusque-là, s’excluaient volontairement du système financier conventionnel pour des raisons religieuses.

Après un an et demi du démarrage de l’activité des banques participatives au Maroc, les réalisations sont dans l’ensemble satisfaisantes en dépit d’un écosystème incomplet. Près de 4,7 milliards DH de financements ont été octroyés par les banques participatives depuis leur démarrage, selon les statistiques de Bank Al-Maghrib. La Mourabaha immobilière représente à elle seule 4,04 milliards de dirhams à fin 2018, soit 85% de l’encours des crédits. Ces chiffres montrent bel et bien que ce produit connaît un engouement important auprès de la clientèle. Cela dit, il faut préciser que l’entrée en vigueur de l’assurance Takaful dans les prochains mois rendra les financements Mourabaha plus sûrs. Le financement participatif à la consommation est estimé pour la même période à 291 millions de dirhams au moment où il atteignait 164 millions de dirhams un mois auparavant.

Le financement participatif à l’équipement est de 101 millions de dirhams à fin décembre, en repli de 31,4% par rapport au financement alloué au mois de novembre.  Toujours selon les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib, l’encours du refinancement global auprès des banques à travers la «Wakala Bil Istithmar», en plus des dépôts à vue reçus des banques mères, a atteint 1,24 milliard DH. Pour leur part, les certificats de Sukuk s’élèvent à 379 millions de dirhams. De même, les actifs immobilisés se sont chiffrés à 723 millions de dirhams, en dépréciation de 9% en glissement mensuel.  Ces nouveaux établissements contribuent à la bancarisation de la population. Le nombre de comptes ouverts auprès des banques et des fenêtres participatives s’est chiffré à 52.000 à fin octobre 2018. En termes de couverture, plus d’une centaine de nouvelles agences bancaires ont été ouvertes au niveau national. Les banques participatives s’en sortent bien comme ont pu le démontrer Umnia Bank et Bank Assafa en dévoilant récemment leurs indicateurs financiers au titre de l’année 2018.  Le bilan a été satisfaisant pour les deux banques avec un total bilan de près de 1,5 milliard DH, 947 millions DH de financement et 680 millions DH de collecte pour la filiale du CIH.

Pour Bank Assafa, on retiendra .un total bilan de 3,2 milliards de dirhams, les dépôts collectés ont atteint 898 millions de dirhams et un PNB de 30,884 millions DH. Par ailleurs, la finance participative a permis l’inclusion des consommateurs qui, jusque-là, s’excluaient volontairement du système financier conventionnel pour des raisons religieuses. En effet, la grande majorité est bancarisée mais n’a quasiment jamais eu recours au financement.  Ce sont des clients qui ont des comptes ouverts chez les banques conventionnelles uniquement pour recevoir leur salaire. Neuf clients sur dix de la banque participative n’avaient jamais eu recours à des financements par le crédit auparavant. 

Cela veut dire que ces personnes étaient ignorées du système bancaire sur un aspect essentiel, celui du recours au financement par le crédit. Les banques participatives ont ainsi permis à ces personnes d’accéder à des biens immobiliers, de procéder à l’achat de véhicules et de dynamiser l’économie nationale.  Enfin, il faut noter que la prochaine étape tant attendue par les professionnels pour peaufiner l’écosystème de la finance participative dans le Royaume est la mise en place de l’assurance Takaful.

Son absence met en danger le client ayant contracté le financement participatif qui, en cas de survenance d’une situation qui ne lui permet plus de s’acquitter de ses traites (décès, invalidité temporaire ou définitive, etc.) ne peut activer une assurance qui lui permettra de faire face à ce risque. Les banques participatives ont encore du chemin à faire. Parmi leurs grands chantiers, elles devront entre autres rentabiliser l’investissement,  étoffer l’offre actuelle et  étendre leur  réseau de distribution.

Par Leila Zerour et Leila Ouchagour

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