BCM-Wafabank au coeur de la mondialisation

Ils sont venus, ils étaient (presque) tous là. Certainement pas pour enterrer leur groupe familial bien enraciné dans le paysage capitalistique marocain, mais assurément, pour ouvrir une nouvelle page de son histoire. Les héritiers du Moulay Ali Kettani au grand complet ont assisté à la conférence de presse donnée, le lundi matin, dans les locaux de la Banque Commerciale du Maroc (BCM), preneuse de leur holding familial OGM. Cette présence en force peut être interprété comme un soutien unanime au projet de rapprochement des activités financières de leur groupe avec la BCM. Toutefois, Wafabank a brillé par l’absence remarquée de son management ou de son personnel. Même les petits porteurs de titres en bourse, en la personne du président de leur association a pris part aux questions au sujet de la naissance du champion national de la banque. Le voile a ainsi été levé sur les différents aspects de cette transaction. Avec un calme et une sérénité à toute épreuve, Sâad Kettani et Khalid Oudrighi, respectivement président de la Société marocaine de participations (SOPAR) et de la BCM, ont répondu aux différentes questions, parfois provocatrices, de l’assistance. Ainsi, commençant par rendre un hommage particulier à Abdelhak Bennani, le « manager de la famille Kettani », Sâad Kettani a tenu à situer les choses dans leur contexte, à travers une revue de presse critique. En effet, de retour le soir même de Dubaï, où il se déploie à vendre le projet footballistique Maroc 2010, le président Kettani a rappelé le caractère « ultra-confidentiel » de la transaction, poussant les actionnaires à écarter les gestionnaires de toute consultation. «L’intérêt pour notre famille est de continuer l’héritage de feu Moulay Ali Kettani. Pérenniser l’affaire tout en contribuant à donner naissance à un champion national présentant plus d’intérêt, pour les actionnaires et le pays, est notre leitmotiv», explique Sâad Kettani. Conscients de la lourde responsabilité de la gestion de l’épargne nationale, les membres de la famille ont fait le choix de passer le relais. L’arrivée en force des majors du métier a rendu indispensable le passage par une nouvelle échelle de développement. «La lucidité et la responsabilité exigent de passer le relais entre des mains sûres, tout en restant dans un cadre marocain. En plus, nous étions confrontés au risque de perte du contrôle en persistant sur la lancée du projet alternatif. Un scénario de David et Goliath en était assurément la résultante », tient à préciser le porte-parole des Kettani. De son côté, Khalid Oudrighi, arborant un sourire habituel mais laissant paraître une satisfaction légitime qui, arrive merveilleusement à masquer les stigmates d’une fatigue à peine cachés, a présenté les grandes orientations fixées de « son champion national ». Les dernières nuits passées à ficeler le projet ont certainement un impact, mais le triangle est modeste, alors que toutes les raisons d’afficher sa satisfaction sont réunies. L’un de ses voeux comme annoncé lors de la première rencontre avec la presse est déjà réalisé. Un géant bancaire national est né. Un cabinet international accompagnera la fusion. Des audits opérationnels sont déjà commandés. « Nos choix seront assurément dictés par des critères techniques et objectifs et non pas pour des raisons sentimentales », affirme le président Oudrighi. Un comité de rapprochement, intégrant le management des deux banques, sera chargé de la conduite du projet de rapprochement. La mise en oeuvre rapide du projet constitue un facteur clé de succès. Aussi, les cadres BCM ont été informés du rapprochement dès le 24 novembre ; » précise le patron de la BCM pour qui le choix des meilleures pratiques et la recherche de la complémentarité des compétences sont l’un des principes de rapprochement réussi.

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