Bennalou : «le Maroc a de bons aéroports»

Bennalou : «le Maroc a de bons aéroports»

ALM : Quelles conclusions faites- vous de la rencontre de Copenhague entre les aéroports internationaux et les compagnies aériennes ?
Abdelhanine Bennalou : Il s’agit d’une sorte de forum annuel permettant des prises de contact entre les compagnies aériennes et les aéroports. Notre objectif en participant à cette rencontre était d’attirer le maximum de transporteurs ne desservant pas le Maroc, notamment en expliquant le niveau de service et en mettant en valeur notre politique de coûts. Cette rencontre a été aussi l’occasion de nous comparer par rapport aux autres.
Toutes proportions gardées, nous sommes en mesure de dire que nous faisons partie des meilleurs aéroports du monde avec des services adaptés et des normes respectées au niveau de la qualité des services de sûreté aéroportuaire.

Y a-t-il eu des engagements concrets ?
Le plus important durant cette rencontre a été la possibilité de prendre contact avec les low-cost. Nous avons abordé ce forum avec   une offre de mesures incitatives attrayantes, dans la perspective de dynamiser un certain nombre d’aéroports faiblement exploités.
C’est le cas de Ouarzazate qui ne reçoit qu’un vol par semaine et de manière saisonnière. Cas aussi des aéroports d’Errachidia et de Tétouan. Même dans les villes touristiques comme Fès et Tanger, il y a beaucoup à faire pour porter l’exploitation des aéroports à un niveau satisfaisant. Pour cela, nous proposons 50% de réduction sur les frais d’approche et d’atterrissage et 50% de réduction sur les redevances liées au passager.
L’offre est valable pour toute création de nouvelle route. Nous avons rencontré 24 compagnies aériennes alors que les rendez-vous pris pour  les aéroports représentés à ce forum variaient entre 7 et 30. Cela montre l’intérêt des compagnies aériennes pour le Maroc. Parmi ceux qui nous ont contactés, on noté Easy Jet, le «géant» européen du low-cost, Rynair qui cherche une base en Afrique du Nord (le Maroc en compétition avec la Tunisie), ou encore Ukraine Airlines, vecteur des marchés de l’Europe de l’Est, en phase de prospection et s’intéressant de près à Fès et à Agadir.
On a aussi rencontré des compagnies de moindre envergure comme Fly Baboo en plus d’un certain nombre de transporteurs de fret (TNT international et Maersk Air entre autres), un domaine de croissance important. La compagnie Turkish Airlines nous a approchés dans la perspective d’une liaison permanente sur Casablanca.

Cette importante opération de promotion vous réconcilie-t-elle avec la vision 2010 ? Travaillez-vous en synergie avec les responsables du Tourisme ?
Le programme 2010 fait partie des lignes directrices de notre stratégie de développement. C’est ce qui a été à l’origine de la mise en œuvre du plan d’extension des aéroports à Casablanca et Marrakech (ouverture du terminal L2 dédié aux low cost pour bientôt). Les travaux d’une nouvelle aérogare à Tanger vont démarrer dans les semaines à venir.
Après avoir élargi sa piste lui permettant désormais d’accueillir des A320, Essaouira bénéficie d’un  projet de nouvelle aérogare. De même, un projet d’extension est prévu à Oujda pour accompagner la station Azur Saïdia.
Dans les provinces du Sud, l’aéroport de Dakhla sera transformé dans le cadre du programme «tourisme de niche». La prise d’un stand commun entre l’ONMT et l’ONDA à Copenhague illustre bien le niveau de coopération entre nos différents services.

Parlons maintenant des services. Vos aéroports sont-ils aussi bien notés du point de vue fluidité ?
C’est un point important. Après le 11 septembre 2001, les échelles de sûreté ont été relevées. Dans certains cas, cela a été brutal d’où l’inconfort pour les passagers. En ce qui concerne le Maroc, on a pu conjuguer sécurité et confort. Nous avons donc pu garder un bon niveau de fluidité. Je citerai aussi la qualité de l’accueil coordonné avec la DGSN au niveau du contrôle du passeport à l’entrée. Suite aux gros efforts, les temps de vérification ont été ramenés à 15 secondes par passager. Ce qui revient à dire que pour un gros porteur, le traitement ne dépasse pas 15 à 20 minutes.

Faites-vous le suivi de la liste des avions interdits de vol dans certains aéroports européens ?
Effectivement. Nous suivons cette liste à travers le Conseil international des aéroports. Nous n’admettons pas sur nos aéroports de compagnies qui ont des problèmes sur d’autres plates-formes.

A l’instar des transporteurs aériens, y-a-t-il une liste des aéroports non sûrs ?
Il y a une réglementation. L’évaluation des aéroports se fait en fonction des équipements et des procédures. Il y a des audits réguliers de l’ensemble des plates-formes. Suite à cette vérification, un aéroport est déclaré apte ou inapte. Pour notre part, le dernier audit a été réalisé en 2004.
L’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) nous a alors confirmé dans la meilleure catégorie. Un avis confirmé par la FAA (Fédération américaine) beaucoup plus rigide sur les normes. Nous sommes parmi les meilleurs.

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